Aujourd’hui,
plus de 200 millions d’enfants travaillent dans le
monde, exerçant des activités qui nuisent à leur
développement mental, physique et émotionnel. Les
enfants sont contraints de travailler parce que leur
survie et celle de leur famille en dépendent. Le
travail des enfants perdure, même là où il a été
déclaré illégal, et il est souvent entouré d’un mur
de silence, d’apathie et d’indifférence. Mais le mur
commence à s’effriter. Alors que l’éradication du
travail des enfants est un objectif à long terme
dans de nombreux pays, certaines formes du travail
des enfants doivent être combattues d’urgence. Près
de trois quarts des enfants qui travaillent sont en
prise aux pires formes du travail des enfants,
notamment la traite, les conflits armés,
l’esclavage, l’exploitation sexuelle et les travaux
dangereux. L’abolition effective du travail des
enfants est l’un des plus urgents défis de notre
époque.
Qu'appelle-t-on enfants au travail ? :
Selon le rapport du BIT (Bureau International du
Travail), dans le groupe des enfants de 5 à 17 ans,
un sur six - soit 200 millions - est astreint au
travail. Plus préoccupant encore, un sur huit - soit
179 millions d'enfants - est encore assujetti aux
pires formes de travail, celles qui mettent en
danger sa santé physique ou mentale ou sa moralité.
Par ailleurs :
environ 111 millions d'enfants de moins de 15 ans
sont astreints à des travaux dangereux et devraient
y être immédiatement soustraits;
59 millions de jeunes de 15 à 17 ans eux aussi
affectés à un travail dangereux devraient bénéficier
de toute urgence d'une protection ou être soustraits
à ce travail;
8,4 millions d'enfants sont assujettis à des travaux
relevant des pires formes de travail des enfants,
car il s'agit d'activités intrinsèquement
condamnables: esclavage, traite, servitude pour
dettes et autres formes de travail forcé comme le
recrutement forcé en vue de la participation à des
conflits armés, la prostitution, la pornographie et
autres activités illicites.
Le travail des enfants reste un phénomène mondial,
auquel aucun pays ni aucune région n'échappe. Les
crises de toutes sortes - catastrophes naturelles,
chocs économiques, pandémie du VIH/SIDA, conflits
armés - ont notamment pour effet de pousser un
nombre croissant de jeunes vers des formes de
travail débilitantes, parfois illégales et
clandestines comme la prostitution, le trafic de
drogue, la pornographie et d'autres activités
illicites.
L'ampleur
du problème
Le BIT présente des chiffres qui s'écartent
sensiblement des estimations les plus fiables dont
on disposait en 2001, et qui fixaient à quelque 250
millions le nombre d'enfants de 5 à 14 ans astreints
au travail dans les pays en développement. Il
indique que les méthodes les plus récentes de
collecte de données offrent une représentation plus
précise du travail des enfants et, en particulier,
de son incidence selon les classes d'âge et les
régions, de sorte que les nouvelles estimations ne
se prêtent pas à une comparaison directe avec les
précédentes. Le travail des enfants à l'aube du XXIe
siècle y est décrit comme un phénomène infiniment
volatil revêtant les formes les plus variées. Sur la
base des données les plus récentes, il est estimé
que 352 millions d'enfants de 5 à 14 ans exercent
aujourd'hui une activité économique d'un type ou
d'un autre.
Sur ce total, 106 millions sont affectés à des types
de travaux acceptables pour des enfants ayant
atteint l'âge minimum d'admission à l'emploi
(généralement 15 ans), ou à des travaux légers tels
que les tâches ménagères ou des travaux rentrant
dans le cadre de leur éducation (voir ci-dessous
convention de l'OIT -nº 138- sur l'âge minimum,
1973).
Il en résulte que 200 millions d'enfants sont
astreints à des formes de travail qu'il faut abolir.
Le BIT estime que le principal obstacle à
l'abolition effective du travail des enfants est sa
prépondérance dans un secteur qui échappe au
contrôle de la plupart des institutions officielles,
indépendamment des moyens économiques du pays.
On distingue :
Les enfants producteurs (mines, verres, tapis)
Les enfants en servitudes pour dettes (c'est le cas
en Asie par exemple)
Les enfants esclaves (domesticité et prostitution).
Dès 5 ans en Afrique
Les enfants travailleurs dans leur famille ou leur
communauté ( 1/3 de la main d'œuvre agricole dans
certains pays en développement)
Les filles qui participent aux tâches domestiques ne
sont pas considérées au travail.
L'Unicef et d'autres organisations font la
distinction entre le travail acceptable, qui apporte
formation et statut à l'enfant et le travail
intolérable, qui entrave son développement
intellectuel, physique et psychologique.
A quoi travaillent-ils ?
:
D'un bout à l'autre de la Terre, on retrouve des
enfants dans les champs, dans les mines, les
ateliers ou dans les
cuisines. L'agriculture est encore la plus grande
utilisatrice d'enfants. Ce travail est souvent
organisé de telle manière que les enfants doivent
travailler aussi longtemps et durement que leur
parents. La mortalité, la malnutrition et
l'analphabétisme sont presque partout plus élevés
dans les campagnes que dans les villes. Dans les
grandes entreprises, la réglementation sur l'âge et
la durée du travail est, en général, respectée. Ce
n'est pas le cas des petites entreprises ou des
petits ateliers non déclarés qui utilisent
abusivement cette main-d'œuvre très économique. On
trouve des enfants qui fondent des tôles d'acier,
tissent des tapis ou fabriquent des allumettes. Les
locaux sont souvent sans air et sans lumière : on
les appelle les "ateliers à sueur". Les enfants qui
travaillent comme domestiques sont en général loués
ou même vendus à des familles plus riches. Dans
l'immense majorité, il s'agit de fillette, souvent
de moins de 13 ans, qui habitent chez l'employeur.
Bien des enquêteurs pensent que les cas de mauvais
traitement sont fréquents. Ce sont peut-être, de
tous les enfants au travail, ceux qui sont le plus
exploités et qui peuvent le moins se défendre car
ils vivent totalement isolés. Et puis il y a tous
les enfants des rues : certains jeunes chassés de
chez eux par la misère, ou orphelin, vivent
entièrement dans la rue. Ils survivent en vendant
des cigarettes ou des chewing-gums, cirent des
chaussures, lavent des voitures, chantent sur les
trottoirs ou bien mendient. Beaucoup d'entre eux
basculent dans la délinquance et la prostitution.
Pourquoi les enfants
travaillent-ils ? :
Arrachés à l'enfance pour des raisons économiques
et/ou politiques, ils font les frais de la misère,
d'une crise, d'une guerre... parce qu'il constitue
une main d'œuvre docile, l'enfant est de plus en
plus exploité : des champs à la mine rien ne lui est
épargné. Recherché pour sa souplesse et son petit
gabarit, ou simplement pour son joli minois, il
piochera dans les mines de charbon en Colombie,
s'intoxiquera les poumons dans les tanneries du
Pakistan, ou passera des heures dans la chaleur des
sunlights d'une quelconque agence de pub. Depuis 30
ans le phénomène a considérablement évolué, et le
travail de l'enfant s'apparente de moins en moins à
un apprentissage. La crise économique, l'endettement
des pays pauvres, les programmes d'ajustement
structurel et d'austérité économique imposés par le
Fond Monétaire International (FMI) et la Banque
Mondiale ont conduit à des coupes claires dans les
budgets sociaux et d'éducation. Certaines
multinationales n'hésitent pas à recourir à cette
main d'œuvre bon marché. (voir système Nike) Les
enfants ont été contraints de travailler pour
survivre, et des employeurs sans scrupules ou
poussés eux aussi par le besoin, se sont précipités
sur cette main d'œuvre. Dans bien des cas c'est
l'enfant qui subvient aux besoins de la famille.
Les
principaux facteurs du travail des enfants :
Pauvreté
Analphabétisme
Différence de salaire négligeable entre adultes et
enfants
Décès ou absence permanente du père
Le niveau de sous-développement rural
Conditions de vie dans les quartiers pauvres de la
ville
Impossibilité du système scolaire de garantir un
emploi futur
Exigences physiques spécifiques pour effectuer
certaines tâches ( mines, tissage des tapis, etc.)
Enfants abandonnés ou errants
École buissonnière
Familles nombreuses
Emploi des parents.
Des conséquences
graves sur leur santé et leur avenir :
Dans la plupart des activités effectuées par les
enfants, les risques d'une détérioration rapide de
leur santé sont important. L'utilisation de produits
chimiques dans le cas des industries de la
chaussure, de l'orfèvrerie et du textile mais aussi
dans l'agriculture intoxiquent l'organisme fragile
des enfants. Dans l'industrie du tapis ou du
tissage, les enfants sont entassés dans des lieux
sombres et pollués de poussières de laine. Ils
abîment leurs yeux et leurs poumons. Les enfants
chiffonniers sont souvent atteint de maladie de
peau. Ils risquent de se couper et de contracter le
tétanos. les enfants qui travaillent dans la
construction ont des troubles de croissance et des
déformations en raison du port de charges trop
lourdes. Les enfants qui travaillent dans les
carrières et les mines sont exposés à la silicose.
les enfants qui se prostituent sont de plus en plus
fréquemment atteints par le SIDA. Pour la plupart
d'entre eux ils sont condamnés à l'analphabétisme à
vie car ils ne vont pas à l'école. Isolés, souvent
privés de leur famille, ils souffrent de carences
affectives dont ils risquent de garder des séquelles
à vie.
Alors que faire ? :
Dix ans après la Déclaration des Droits de l'Homme,
l'ONU a adopté en 1959, à l'unanimité, la
Déclaration des droits de l'enfant. Concernant les
enfants travailleurs elle précisait que l'enfant ne
doit pas être admis à l'emploi avant d'avoir atteint
l'âge approprié. 40 ans sont passés et rares sont
les pays qui respectent ces simples droits. Et
pourtant la presque totalité des pays de la planète
ont ratifié la Convention Internationale des Droits
de l'Enfant de 1989. En 1990, de grandes promesses
ont été faites aux enfants. Cette année là, soixante
et onze chefs d'États ont pris part au premier
Sommet Mondial pour l'Enfance, le plus vaste
rassemblement de ce type jamais organisé dans
l'histoire. Des objectifs ambitieux ont été fixés
pour l'an 2000. Nous y arrivons et ces promesses
sont restées lettre morte. Les dépenses pour tenir
les engagements du Sommet ont été évaluées à 100
milliards de francs par an, l'équivalent de ce qui
est consacré tous les dix jours aux dépenses
militaires de l'ensemble des pays du monde. Les
solutions existent donc, mais c'est souvent la
volonté politique qui manque.
En 1999 enfin un projet a été adopté à Genève par
les représentants de 174 pays.
Le texte demande aux gouvernements de prendre des
mesures immédiates et efficaces pour assurer
l'interdiction et l'élimination des pires formes de
travail des enfants de toute urgence.
Faut-il boycotter le
produit du travail des enfants ? :

Le boycott des produits fabriqués par les enfants
est un indéniable outil de pression : le témoignage
du petit Iqbal MASIH
avait dévoilé le vrai visage de la fabrication des
tapis au Pakistan. C'est sans doute pour cela qu'il
a été assassiné, et son assassinat en 1995 n'a fait
que renforcer la réaction du public : le chiffre
d'affaires de l'exportation de tapis a plongé. Sans
cette baisse les fabricants et exportateurs de tapis
n'aurait jamais signer en 1998 un accord avec le BIT
concernant le retrait de 8 000 petits tisserands à
domicile.
Mais un boycott peut avoir des effets pervers. En
1992-1993, quand les États Unis débattaient d'une
éventuelle interdiction de biens produits par les
enfants, plusieurs usines textiles du Bangladesh,
craignant une chute des commandes, ont procédé au
débauchage de quelque 50 000 enfants, surtout des
filles. Pour continuer de subvenir aux besoins de la
famille beaucoup ont dû se tourner vers des métiers
informels ou plus dangereux (casseurs de pierres par
exemple).Certains ont échoué dans la prostitution.
Le boycott constitue donc une arme à double
tranchant. Cet effet de semonce sur les employeurs
ne doit être utilisé que pour organiser un retour à
la scolarisation des enfants, il faut donc pour cela
en donner les moyens à ces pays.
L'UNICEF
demande 6 mesures pour éliminer le travail des
enfants :
l'élimination immédiate de l'emploi des enfants à
des tâches dangereuses
l'organisation d'un enseignement gratuit et
obligatoire
l'élargissement de la protection légale des enfants
l'enregistrement de tous les enfants à leur
naissance (de manière à pouvoir déterminer leur âge
sans fraude possible)
une collecte et un contrôle adéquats des données (de
manière à connaître avec exactitude l'ampleur du
travail des enfants)
l'établissement de codes de conduite
Les conventions internationales en vigueur
concernant l’hygiène, la sécurité, la discrimination
, les horaires, la durée d’activité, la protection….
C’est seulement depuis 1919 que l’OIT (Organisation
Internationale du travail) a fait adopter par tous
les pays signataires des conventions particulières
qui font état de normes relatives au travail des
enfants.
(source : OIT et UNICEF)
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