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L'enfant délinquant
L'enfant qui ne
respecte pas la loi
Bien des enfants pensent qu'ils ne risquent rien
lorsqu'ils commettent une infraction. Ou alors ils
sont persuadés que s'ils enfreignent la loi les
sanctions ne seront que de principe ou très légères.
Pourtant la réalité est inverse.
La loi française, qui s'appuie sur une ordonnance du
2 février 1945, permet d'engager des poursuites et
de punir pénalement les enfants à partir de l'âge de
10 ans. Il s'agit de l'âge au moment de
l'infraction. S'il à de 10 à 13 ans il ne risquera
pas la prison mais malgré son jeune âge il sera,
avec ses parents, civilement responsable, tenu
d'indemniser la victime et pourra être puni de
sanctions éducatives et éventuellement placé dans un
service éducatif spécialisé.
Les enfants peuvent être placés en détention
provisoire sous certaines conditions à partir de
l'âge de 10 ans.
Les enfants de 13 à 18 ans peuvent être condamnés à
une peine d'amende ou à de l'emprisonnement. Ces
punitions sont les mêmes que pour les adultes.
Toutefois la loi prévoit que pour les 13-16 ans
s'applique automatiquement une réduction de peine de
moitié. C'est ce que l'on appelle l'excuse
atténuante de minorité. Par exemple à la réclusion
criminelle à perpétuité se substitue une peine de 20
ans de réclusion. S'agissant des amendes, la
réduction de moitié s'applique également avec un
maximum de 7 622.00 euros. A partir de 16 ans un
mineur peut être jugé exactement comme un adulte.
Cependant l'âge du mineur est presque toujours pris
en compte dans la décision du tribunal pour enfants
ou la cour d'assises des mineurs. Lorsqu'un mineur
est condamné à la prison la peine s'effectue dans un
quartier spécial de l'établissement pénitentiaire ou
dans une prison spécialisée pour mineurs.
Exemples de peine que peuvent se voir infliger des
mineurs de 13 à 18 ans :
- meurtre : 30 ans de prison et perpétuité s'il y a
préméditation
- violences entraînant la mort sans intention de
tuer : 15 ans de prison, 20 ans si la victime est un
enfant ou s'il y a usage d'une arme ou si
l'agression est commise par plusieurs personnes
- violences entraînant une infirmité : 10 ans de
prison et 150 500,00 euros d'amende, 15 ans si la
victime est un enfant de moins de 15 ans ou si
l'agression à été commise par plusieurs personnes.
- Appels téléphoniques malveillants : 1 an de prison
et 15 500,00 euros d'amende
- Menaces d'agression : 6 mois de prison et 7622,00
euros d'amende
- Viol (acte de pénétration sexuelle par violence,
contrainte, menace ou surprise) : 15 ans de prison,
20 ans de prison si la victime à moins de 15 ans ou
s'il y a plusieurs agresseurs ou s'il y a usage
d'une arme et s'il est accompagné d'actes de torture
et de barbarie
- Autres agressions sexuelles (attouchements, actes
obscènes…) : 5 ans de prison et 76 300,00 euros
d'amende, 7 ans de prison et 106 700,00 euros
d'amende s'il y a plusieurs agresseurs ou si la
victime à moins de 15 ans
- Importation ou exportation, transport, détention,
offre, cession, achats de stupéfiants : 10 ans de
prison et 1106 700,00 euros d'amende
- Offre de stupéfiants pour consommation personnelle
: 5 ans de prison et 76 300,00 euros d'amende, 10
ans si les stupéfiants sont transmis à des mineurs
- Vol : 3 ans de prison. Il faut préciser que le vol
commit contre les parents n'est pas punissable par
la loi.
- Vol avec violences : 7 ans de prison, 10 ans s'il
y a des circonstances aggravantes (acte de
destruction ou de dégradation, si la victime est
mineure, si le vol entraîne une incapacité pour la
victime…)
- Extorsion (racket) : 7 ans de prison et 106 700,00
euros d'amende
Ces exemples montrent qu'aujourd'hui un enfant peut
être condamné à des mois de prison dès qu'il commet
un simple vol ou qu'il menace un autre enfant pour
lui prendre son argent ou un vêtement.
Autres formes de peines :
- J'ai déjà évoqué le placement en institutions
spécialisées, par exemple dans un foyer de la
protection judiciaire de la jeunesse (anciennement
éducation surveillée) ou dans un centre éducatif
fermé.
- les mineurs de 13 à 18 ans peuvent être placés
sous contrôle judiciaire
- les mineurs d'au moins 10 ans il peut avoir :
confiscation d'un objet détenu ou appartenant au
mineur et ayant servi lors d'une infraction ou en
étant le fruit, interdiction de paraître dans
certains lieux où une infraction a été commise par
le mineur (à l'exception du quartier où il réside),
interdiction de rencontrer certaines personnes
(complices ou victimes), obligation de suivre un
stage civique ayant pour objet de rappeler au mineur
les obligations de la loi. Si le mineur ne se
conforme pas à tout ou partie des obligations
auxquelles il est soumis, il peut être placé dans un
centre éducatif fermé ou une institution
spécialisée.
- Un mineur de plus de 16 ans peut être condamné à
un travail d'intérêt général (TIG). Il s'agit
d'effectuer un travail, sans aucune contrepartie
financière, au profit d'une collectivité ou d'une
association. La durée de ce travail est 40 à 240
heures.
- Il peut être proposé au mineur une mesure d'aide
ou de réparation à l'égard de la victime ou dans
l'intérêt de la collectivité (cette mesure est
beaucoup employée par exemple contre les tagueurs à
qui l'on propose de nettoyer les dégâts qu'ils ont
commis).
- Le mineur peut être placé sous liberté surveillée,
dans ce cas un éducateur observe son comportement et
le conseille.
- Un mineur peut-être condamnée à une peine de
prison avec sursis assortie d'une mise à l'épreuve.
- Lorsqu'un mineur est placé en prison, dans un
centre éducatif fermé ou dans un établissement
spécialisé les allocations familiales sont
suspendues (seule la part représentée par l'enfant
délinquant est concernée). |
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