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La guerre fait des
ravages chez les enfants. les populations civiles sont de
plus en plus visées. Elles sont jetés sur les routes et les
chemins. La destruction des foyers, des écoles et des
villages fait davantage de victimes chez les enfants que les
balles et les bombes. Nombre d'entre eux sont enrôlés de
force dans les forces armées et deviennent des enfants
soldats.
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Les
enfants soldats
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300 000
enfants dans 44 pays de la planète, dont
certains n'ont pas plus de 8 ans,
participent directement aux conflits. Ils
sont soldats ou porteurs contraints de
travailler. Certains autres ont appris à
tuer et à torturer. Si leur nombre global
reste stable, les pays ayant recours aux
services de ces gamins sont eux de plus en
plus nombreux.
Chair à canon dans les conflits armés, les
enfants-soldats sont aussi démineurs,
espions, porteurs, esclaves sexuels,
gardiens des exploitations de pétrole ou de
diamants finançant les rébellions d'Afrique,
selon la Coalition pour l'arrêt du recours
aux enfants-soldats, fondée en 1998 par six
ONG dont Amnesty International, Human Rights
Watch, Save The Children, Terre des Hommes,
rejointes par plus de 500 organisations dans
le monde entier.
Dans certains pays, en Afrique en
particulier, des enfants, le plus souvent
orphelins ou séparés de leur famille, sont
enrôlés de force dans l'armée ou dans des
bandes qui luttent contre les gouvernements
au pouvoir. En Angola, par exemple, ils
étaient ainsi 3000 à avoir reçu, dès l'âge
de 10 ans, un uniforme, des bottes et une
mitraillette. Placés en première ligne lors
des attaques, mais souvent livrés à
eux-mêmes lors des replis, ces garçons ont
participé à plusieurs batailles, ont connu
la faim et la peur et se souviennent d'avoir
tué des soldats ennemis pour se défendre.
Beaucoup d'entre eux sont morts.
Parmi les 41 pays qui les exploitent, la
palme revient à la Birmanie : les
enfants-soldats y seraient quelques 50.000.
Les enfants-soldats sont aujourd'hui moins
nombreux au Proche-Orient ou en Amérique
latine, en raison de la réduction du nombre
des conflits. Ils seraient 120.000 dans les
différentes guerres d'Afrique, et combattent
aussi dans les rébellions des Philippines,
de Papouasie-Nouvelle Guinée, et les
conflits de la République du Congo, du
Darfour et de Colombie.
Mohammed, Éthiopien de 17 ans, enrôlé de
force à 15 ans, se souvient d'une terrible
bataille de la guerre contre l'Érythrée en
1999. ''Ils ont mis tous ceux de 15 et 16
ans sur le front, pendant que l'armée se
repliait. J'étais avec 40 autres enfants. Je
me suis battu pendant 24 heures. Quand j'ai
vu qu'il n'y avait plus que trois de mes
amis de vivants, je me suis enfui vers
l'arrière.''
Les enfants-soldats sont fréquemment drogués
pour devenir insensibles à la peur et à la
violence: un ancien rebelle de Sierra Leone,
âgé de 14 ans, explique que ceux qui
refusaient la drogue étaient abattus.
Même les pays en paix et les pays développés
sont frappés par le fléau. En Suède, en
Turquie, des enfants d'origine kurde sont
recrutés pour aller combattre pour
l'indépendance. En tout, ce sont 87 États,
dont la liste inclut des pays comme les
États-Unis et la Grande-Bretagne, qui
enrôlent des enfants dans les armées
régulières, forces paramilitaires, milices
civiles ou organisations militaristes -comme
les ''Young Marines'' américains- même s'ils
ne combattent pas forcément.
En mai 2000, l'Assemblée générale de l'ONU a
adopté un protocole additionnel à la
Convention sur les droits de l'enfant,
appelant les gouvernements à empêcher la
participation aux conflits armés de tout
soldat de moins de 18 ans, à interdire leur
enrôlement obligatoire et à limiter et
protéger l'engagement volontaire. A ce jour,
selon l'ONU, 79 pays ont signé le traité et
seuls six l'ont ratifié (!).
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Les
enfants victimes de la guerre :
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Au
moins deux millions d’enfants sont morts ces
10 dernières années à la suite de guerres
déclenchées par des adultes, qu’ils aient
servi de cibles civiles ou qu’ils aient été
tués au combat en tant que soldats.
Comment expliquer les morts d’enfants
palestiniens et israéliens et les violences
dont ils sont victimes ? Ou la sauvagerie
des combattants en Sierra Leone qui coupent
les membres des enfants ? Ou l’enlèvement
systématique de milliers d’enfants en
Ouganda qui vont grossir les rangs des
combattants des guérillas et servent
d’esclaves sexuels ?
Le nombre
d’enfants gravement blessés ou invalides est
trois fois supérieur, et ils sont encore
plus nombreux à souffrir de maladies, de
malnutrition, de violences sexuelles et des
privations de l’exode. D’innombrables
enfants sont confrontés à l’angoisse de
perdre leur foyer, leurs biens et leurs
proches. Dans de telles conditions,
pratiquement toutes les constantes
nécessaires à l’épanouissement des enfants
sont gravement perturbées, et les dégâts
psychologiques des conflits armés sont
incalculables.
L’impact des conflits armés sur les enfants
est terrifiant : les conflits armés
diffusent la destruction et violent les
droits des enfants à une échelle encore
jamais vue.
L’exploitation criminelle des enfants, et le
fait qu’ils soient pris comme cibles dans
les conflits constituent une violation non
seulement de leurs droits mais aussi des
fondements mêmes de la paix et de la
sécurité internationales. Lorsque des
enfants se voient refuser la possibilité de
grandir dans un climat de confiance, de
tolérance et de justice, l’espoir d’endiguer
les conflits au cours des générations
suivantes est en fait très faible. Il est
clair par exemple que les caractéristiques
de la guerre que nous observons au
Moyen-Orient – attentats suicides à la bombe
et embuscades, utilisation d’artillerie
lourde et mitraillage par hélicoptère de
zones civiles, destructions de maisons au
bulldozer, rafles de pères et de frères –
contribuent à ancrer chez de nombreux
enfants la conviction que la violence est
une méthode acceptable de règlement des
différends.
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Conséquences de la guerre sur les
enfants : |

Le manque de nourriture et de fournitures
médicales, d’eau potable et d’installations
sanitaires crée un terreau fertile pour la
maladie, en particulier dans les camps de
réfugiés. Les enfants sont généralement les
premiers à succomber aux pires tueurs —
malnutrition, choléra, infections
respiratoires et diarrhée.
Les écoles,
les dispensaires et les hôpitaux, les
récoltes, les marchés de village et d’autres
équipements collectifs sont des cibles
privilégiées. La disparition de repères
familiers et la perturbation de la vie
quotidienne dans le chaos et l’incertitude
des conflits provoquent une profonde
détresse chez les enfants.
Qu’ils soient
les victimes d’attaques contre leurs
communautés, enfants soldats ou réfugiés,
les enfants sont les témoins et les auteurs
d’atrocités en nombres sans précédent. Or,
ces expériences les marquent profondément
sur le plan psychologique.
Les enfants
laissés seuls ou sans surveillance sont des
proies faciles pour les prédateurs adultes
en temps de guerre. Le risque de mort ou de
blessure est beaucoup plus élevé pour les
enfants soldats. Par ailleurs, la violence
sexuelle, en particulier à l’endroit des
femmes et des jeunes filles, est de plus en
plus répandue. Elle les expose non seulement
à des grossesses non désirées et à des
maladies transmises sexuellement comme le
sida, mais aussi à de graves conséquences
psychologiques et à l’ostracisme.
Les factions
belligérantes ont recours aux médias pour
semer la méfiance et l’hostilité dans la
population. Les enfants influençables sont
souvent déroutés par des messages condamnant
leurs amis et voisins. Sous leur influence,
bon nombre d’entre eux deviennent
insensibles et méfiants. Aussi horribles et
tragiques que soient ces situations pour les
individus et les familles, elles sont encore
plus coûteuses pour la société à long terme.
Un enfant élevé dans la violence apprend à
être violent. Un enfant élevé dans la haine
apprend à haïr. Un enfant brutalisé et
insensibilisé par les sévices et les preuves
porte en lui des germes dont nul ne sait
s’ils peuvent être déracinés.
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Des avancées
significatives
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Pourtant,
il est aussi vrai que nous constatons la
réalisation de progrès significatifs pour
tenter de protéger les enfants dans des
situations de conflit et pour assurer que
leurs intérêts sont au centre des
préoccupations lors des opérations de
pacification, de maintien et de construction
de la paix. Avec le Tribunal criminel
international, le monde dispose d’une
institution consacrée à la lutte contre
l’impunité des crimes de guerre commis
contre les enfants et d’autres victimes
civiles. Ce tribunal est habilité à demander
des comptes aux parties coupables comme les
procès en cours actuellement pour le Rwanda
et pour l’Ex-Yougoslavie. Dans le même
temps, on en est venu à s’intéresser de près
au rôle joué par certaines entreprises dans
le déclenchement ou la prolongation de
conflits et de troubles, à l’occasion par
exemple des recherches sur les liens entre
les conflits armés et le trafic de diamants
en Angola et en Sierra Leone .
L’entrée en vigueur du Protocole facultatif
se rapportant à la Convention relative aux
droits de l’enfant qui relève de 15 à 18 ans
l’âge minimum pour le recrutement
obligatoire de combattants et interdit aux
mineurs de moins de 18 ans de participer à
des hostilités consitue également une
avancée.
Il est désormais interdit, par une
convention internationale, de produire et
d’utiliser des mines antipersonnel qui tuent
ou amputent sans discrimination des enfants
et des civils durant des dizaines d’années
après la fin des combats, et qui constituent
une menace durable pour la reconstruction et
le développement. On s’intéresse maintenant
à la prolifération honteuse d’armes légères
qui peuvent être facilement maniées par des
enfants soldats. Le Conseil de sécurité de
l’ONU accorde aussi une attention croissante
aux enfants victimes de la guerre, et
plusieurs organisations régionales ont
contribué à ce que les intérêts des enfants
soient mieux pris en compte dans l’Agenda
pour la paix et la sécurité internationale.
Cette plus grande visibilité de la cause des
enfants atteste d’une profonde évolution de
notre compréhension des besoins des enfants
impliqués dans des conflits armés, et a
préparé le terrain à l’adoption de normes
plus strictes pour les protéger et améliorer
l’assistance humanitaire. Il y a tout juste
une décennie, la majeure partie de cette
assistance privilégiait les besoins d’aide
alimentaire, de santé et de nutrition, d’eau
salubre, d’abris et de réseaux
d’assainissement adéquats. Désormais, le
soutien psychosocial, l’éducation, la
recherche et la réunification des familles
sont devenus des piliers de l’action
humanitaire.
Entre
tous, l’éducation joue un rôle crucial. Car,
même au milieu du chaos, elle peut restaurer
un certain degré de stabilité et de
normalité pour les enfants. L’éducation
offre une occasion unique de transmettre aux
enfants des messages de survie sur des
questions aussi vitales que la prévention du
sida et la sensibilisation aux dangers des
mines. L’éducation peut aussi permettre de
semer la paix et la justice partout dans le
monde. Aux États-Unis, les attentats
terroristes de septembre ont conduit de
nombreux éducateurs à se concentrer sur les
moyens d’aider les enfants et les jeunes à
exprimer leurs émotions à propos des
événements et à réfléchir aux conflits armés
et à la violence politique en s’informant et
en faisant preuve d’ouverture d’esprit.
Des initiatives éducatives abordant les
conflits en s’appuyant sur le respect des
droits de l’homme conformément aux principes
de l’UNICEF, prouvent, comme l’attestent des
témoignages venus de lieux aussi divers que
la Croatie, le Liban, l'Irak, l’Irlande du
Nord, le Rwanda, le Soudan, la Bosnie et le
Salvador, qu’il est possible d’enseigner les
valeurs de paix et de tolérance. Nous sommes
également convaincus que les écoles sont les
mieux placées pour enseigner différentes
techniques comme la négociation, la
résolution de problèmes et la communication.
Par ailleurs, nous avons constaté que
l’offre d’une éducation de base de qualité,
en particulier pour les filles, peut réduire
la probabilité des conflits. Les filles qui
ont reçu une éducation de qualité deviennent
des femmes instruites qui auront
probablement moins d’enfants et ceux-ci
seront en meilleure santé et mieux éduqués.
Elles sont aussi plus à même de participer
aux décisions qui les concernent, elles et
leurs communautés.
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Repères
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Estimation du
nombre d'enfants victimes de conflits armés
durant la dernière décennie :
Nombre
d’enfants soldats : 300 000, dont plus du
tiers en Afrique
Nombre
d’enfants victimes des mines anti personnel
: 10 000 par an
Nombre
d’enfants réfugiés ou déplacés dans le monde
: 23 millions
Tués : 2
millions
Gravement
blessés ou mutilés à vie : 6 millions
Sans abri :
12 millions
Orphelins ou
séparés de leurs familles : plus de 1
millions
Traumatisés
psychologiquement : 10 millions
13 pays sont
inscrits sur la liste noire des pays en
conflit utilisant massivement des enfants
soldats : Afghanistan, Burundi, République
Centrafricaine, République démocratique du
Congo, Birmanie, Népal, Somalie, Soudan,
Tchad, Colombie, Philippines, Sri Lanka et
Ouganda (source
: journées internationales des enfants
soldats le 12 février 2008).
Voir
aussi :
Qui utilise des enfants soldats ?
Déclaration sur la
protection des femmes et des enfants en
période d'urgence et de conflits armés.
Protocole facultatif
se rapportant à la Convention internationale
des droits de l'enfant concernant
l'implication d'enfants dans les conflits
armés.
Le scandale des mines antipersonnel
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