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La guerre fait des
ravages chez les enfants. les populations civiles sont de
plus en plus visées. Elles sont jetés sur les routes et les
chemins. La destruction des foyers, des écoles et des
villages fait davantage de victimes chez les enfants que les
balles et les bombes. Nombre d'entre eux sont enrôlés de
force dans les forces armées et deviennent des enfants
soldats. Le point sur ce fléau qui concerne encore 250 000
enfants (source : rapport ONU 2010).
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Les
enfants soldats
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L'ONU a
recensé de graves violations commises à
l'encontre d'enfants dans 20 pays : en
Afghanistan, au Burundi, en Colombie, en
Côte d'Ivoire, en République centrafricaine,
en République démocratique du Congo, en
Géorgie, en Haïti, en Iraq, au Liban, au
Myanmar, au Népal, en Ouganda aux
Philippines, en Somalie, au Soudan, au Sri
Lanka, au Tchad, en Thaïlande et dans le
Territoire palestinien occupé par Israël. En
outre, 56 parties, États et autres, se sont
rendus coupables d'abus graves contre des
enfants.

En revanche, des progrès ont été enregistrés
en ce qui concerne le développement de plans
d'action pour libérer des enfants soldats au
Burundi, en République centrafricaine, en
Côte d'Ivoire, en République démocratique du
Congo et en Ouganda. Cependant trop
d'enfants souffrent encore dans le monde.
Aujourd'hui, dans 20 situations
préoccupantes dans le monde, des enfants
sont brutalisés et utilisés de manière
cynique. On évalue à plus de 2 millions
le nombre d'enfants tués dans des situations
de conflit armé; à plus de 6 millions
les enfants rendus handicapés à vie.
Plus de 250 000 d'entres eux
continuent d'être exploités en tant
qu'enfants soldats. La guerre fait de plus
en plus de victimes parmi les femmes et les
enfants et la disproportion du nombre de
décès parmi des civils n'a jamais été aussi
élevé.
Des milliers de filles sont victimes de viol
et d'autres formes de violence et
d'exploitation sexuelles. Par exemple, dans
60 % des cas enregistrés dans la République
démocratique du Congo, les victimes étaient
âgées de 11 à 17 ans. Le nombre de filles et
garçons enlevés de leur foyer ou de leur
collectivité a atteint un niveau sans
précédent.
On assiste aussi à l'augmentation de cas
d'enrôlement ou de re-enrôlement
transfrontaliers d'enfants se trouvant dans
des camps de réfugiés ou de personnes
déplacées. Ces cas seraient liés au manque
de sécurité autour des camps.
Les écoles et les hôpitaux qui devraient
être des abris sûrs pour les enfants sont de
plus en plus souvent la cible de
prédilection des groupes armés. Les attaques
systématiques et délibérées perpétrées
contre des écoliers, des enseignants et des
établissements scolaires se sont multipliées
dans certaines situations de conflits.
Dans bien des cas, les belligérants refusent
systématiquement aux organismes humanitaires
l'accès aux territoires placés sous leur
contrôle. Les conséquences sont désastreuses
pour les populations civiles et en
particulier pour les enfants.
De plus en plus, des enfants sont placés en
détention pour association présumée avec des
groupes armés, en violation des normes
internationales.
En outre, 8 000 à 10 000 enfants sont
tués ou blessés chaque année les mines
terrestres. Les armes d'emploi aveugle,
comme les munitions à dispersion, utilisées
lors d'attaques dans des zones à forte
population civile, ont des effets graves sur
les civils, en particulier les enfants, même
longtemps après la fin des conflits.
Le trafic transfrontalier d'enfants en
provenance et à destination des zones de
conflit tend à s'intensifier. Et ce, à
travers de complexes réseaux internationaux
criminels qui alimentent les conflits en
aidant à monnayer des ressources naturelles
comme les diamants, le coltan et le bois
d'oeuvre contre des armes et des instruments
de guerre. Ce phénomène ont conduit
augmenter le nombre de victimes parmi les
enfants et à les associer davantage aux
conflits.
L'extrême facilité avec laquelle des armes
légères peuvent être obtenues dans les zones
de conflit ou instables demeure un facteur
décisif dans le recrutement d'enfants
soldats. Ces armes sont de moins en moins
chères et de plus en plus facile à manier et
à transporter. Elles peuvent donc facilement
être placées entre les mains d'enfants qui
apprennent très vite à les utiliser.
Même les pays en paix et les pays développés
sont frappés par le fléau. En Suède, en
Turquie, des enfants d'origine kurde sont
recrutés pour aller combattre pour
l'indépendance. En tout, ce sont 87 États,
dont la liste inclut des pays comme les
États-Unis et la Grande-Bretagne, qui
enrôlent des enfants dans les armées
régulières, forces paramilitaires, milices
civiles ou organisations militaristes -comme
les ''Young Marines'' américains- même s'ils
ne combattent pas forcément.
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Les
enfants victimes de la guerre :
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Au
moins deux millions d’enfants sont morts ces
10 dernières années à la suite de guerres
déclenchées par des adultes, qu’ils aient
servi de cibles civiles ou qu’ils aient été
tués au combat en tant que soldats.
Comment expliquer les morts d’enfants
palestiniens et israéliens et les violences
dont ils sont victimes ? Ou la sauvagerie
des combattants en Sierra Leone qui
coupaient
les membres des enfants ? Ou l’enlèvement
systématique de milliers d’enfants en
Ouganda qui vont grossir les rangs des
combattants des guérillas et servent
d’esclaves sexuels ?
Le nombre
d’enfants gravement blessés ou invalides est
trois fois supérieur, et ils sont encore
plus nombreux à souffrir de maladies, de
malnutrition, de violences sexuelles et des
privations de l’exode. D’innombrables
enfants sont confrontés à l’angoisse de
perdre leur foyer, leurs biens et leurs
proches. Dans de telles conditions,
pratiquement toutes les constantes
nécessaires à l’épanouissement des enfants
sont gravement perturbées, et les dégâts
psychologiques des conflits armés sont
incalculables.
L’impact des conflits armés sur les enfants
est terrifiant : les conflits armés
diffusent la destruction et violent les
droits des enfants à une échelle encore
jamais vue.
L’exploitation criminelle des enfants, et le
fait qu’ils soient pris comme cibles dans
les conflits constituent une violation non
seulement de leurs droits mais aussi des
fondements mêmes de la paix et de la
sécurité internationales. Lorsque des
enfants se voient refuser la possibilité de
grandir dans un climat de confiance, de
tolérance et de justice, l’espoir d’endiguer
les conflits au cours des générations
suivantes est en fait très faible. Il est
clair par exemple que les caractéristiques
de la guerre que nous observons au
Moyen-Orient – attentats suicides à la bombe
et embuscades, utilisation d’artillerie
lourde et mitraillage par hélicoptère de
zones civiles, destructions de maisons au
bulldozer, rafles de pères et de frères –
contribuent à ancrer chez de nombreux
enfants la conviction que la violence est
une méthode acceptable de règlement des
différends.
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Conséquences de la guerre sur les
enfants : |

Le manque de nourriture et de fournitures
médicales, d’eau potable et d’installations
sanitaires crée un terreau fertile pour la
maladie, en particulier dans les camps de
réfugiés. Les enfants sont généralement les
premiers à succomber aux pires tueurs —
malnutrition, choléra, infections
respiratoires et diarrhée.
Les écoles,
les dispensaires et les hôpitaux, les
récoltes, les marchés de village et d’autres
équipements collectifs sont des cibles
privilégiées. La disparition de repères
familiers et la perturbation de la vie
quotidienne dans le chaos et l’incertitude
des conflits provoquent une profonde
détresse chez les enfants.
Qu’ils soient
les victimes d’attaques contre leurs
communautés, enfants soldats ou réfugiés,
les enfants sont les témoins et les auteurs
d’atrocités en nombres sans précédent. Or,
ces expériences les marquent profondément
sur le plan psychologique.
Les enfants
laissés seuls ou sans surveillance sont des
proies faciles pour les prédateurs adultes
en temps de guerre. Le risque de mort ou de
blessure est beaucoup plus élevé pour les
enfants soldats. Par ailleurs, la violence
sexuelle, en particulier à l’endroit des
femmes et des jeunes filles, est de plus en
plus répandue. Elle les expose non seulement
à des grossesses non désirées et à des
maladies transmises sexuellement comme le
sida, mais aussi à de graves conséquences
psychologiques et à l’ostracisme.
Les factions
belligérantes ont recours aux médias pour
semer la méfiance et l’hostilité dans la
population. Les enfants influençables sont
souvent déroutés par des messages condamnant
leurs amis et voisins. Sous leur influence,
bon nombre d’entre eux deviennent
insensibles et méfiants. Aussi horribles et
tragiques que soient ces situations pour les
individus et les familles, elles sont encore
plus coûteuses pour la société à long terme.
Un enfant élevé dans la violence apprend à
être violent. Un enfant élevé dans la haine
apprend à haïr. Un enfant brutalisé et
insensibilisé par les sévices et les preuves
porte en lui des germes dont nul ne sait
s’ils peuvent être déracinés.
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Des avancées
significatives
: |
Pourtant,
il est aussi vrai que nous constatons la
réalisation de progrès significatifs pour
tenter de protéger les enfants dans des
situations de conflit et pour assurer que
leurs intérêts sont au centre des
préoccupations lors des opérations de
pacification, de maintien et de construction
de la paix. Avec le Tribunal criminel
international, le monde dispose d’une
institution consacrée à la lutte contre
l’impunité des crimes de guerre commis
contre les enfants et d’autres victimes
civiles. Ce tribunal est habilité à demander
des comptes aux parties coupables comme les
procès en cours actuellement pour le Rwanda
et pour l’Ex-Yougoslavie. Dans le même
temps, on en est venu à s’intéresser de près
au rôle joué par certaines entreprises dans
le déclenchement ou la prolongation de
conflits et de troubles, à l’occasion par
exemple des recherches sur les liens entre
les conflits armés et le trafic de diamants
en Angola et en Sierra Leone .
L’entrée en vigueur du Protocole facultatif
se rapportant à la Convention relative aux
droits de l’enfant qui relève de 15 à 18 ans
l’âge minimum pour le recrutement
obligatoire de combattants et interdit aux
mineurs de moins de 18 ans de participer à
des hostilités constitue également une
avancée.
Il est désormais interdit, par une
convention internationale, de produire et
d’utiliser des mines antipersonnel qui tuent
ou amputent sans discrimination des enfants
et des civils durant des dizaines d’années
après la fin des combats, et qui constituent
une menace durable pour la reconstruction et
le développement. On s’intéresse maintenant
à la prolifération honteuse d’armes légères
qui peuvent être facilement maniées par des
enfants soldats. Le Conseil de sécurité de
l’ONU accorde aussi une attention croissante
aux enfants victimes de la guerre, et
plusieurs organisations régionales ont
contribué à ce que les intérêts des enfants
soient mieux pris en compte dans l’Agenda
pour la paix et la sécurité internationale.
Cette plus grande visibilité de la cause des
enfants atteste d’une profonde évolution de
notre compréhension des besoins des enfants
impliqués dans des conflits armés, et a
préparé le terrain à l’adoption de normes
plus strictes pour les protéger et améliorer
l’assistance humanitaire. Il y a tout juste
une décennie, la majeure partie de cette
assistance privilégiait les besoins d’aide
alimentaire, de santé et de nutrition, d’eau
salubre, d’abris et de réseaux
d’assainissement adéquats. Désormais, le
soutien psychosocial, l’éducation, la
recherche et la réunification des familles
sont devenus des piliers de l’action
humanitaire.
Entre
tous, l’éducation joue un rôle crucial. Car,
même au milieu du chaos, elle peut restaurer
un certain degré de stabilité et de
normalité pour les enfants. L’éducation
offre une occasion unique de transmettre aux
enfants des messages de survie sur des
questions aussi vitales que la prévention du
sida et la sensibilisation aux dangers des
mines. L’éducation peut aussi permettre de
semer la paix et la justice partout dans le
monde. Aux États-Unis, les attentats
terroristes de septembre ont conduit de
nombreux éducateurs à se concentrer sur les
moyens d’aider les enfants et les jeunes à
exprimer leurs émotions à propos des
événements et à réfléchir aux conflits armés
et à la violence politique en s’informant et
en faisant preuve d’ouverture d’esprit.
Des initiatives éducatives abordant les
conflits en s’appuyant sur le respect des
droits de l’homme conformément aux principes
de l’UNICEF, prouvent, comme l’attestent des
témoignages venus de lieux aussi divers que
la Croatie, le Liban, l'Irak, l’Irlande du
Nord, le Rwanda, le Soudan, la Bosnie et le
Salvador, qu’il est possible d’enseigner les
valeurs de paix et de tolérance. Nous sommes
également convaincus que les écoles sont les
mieux placées pour enseigner différentes
techniques comme la négociation, la
résolution de problèmes et la communication.
Par ailleurs, l’offre d’une éducation de base de qualité,
en particulier pour les filles, peut réduire
la probabilité des conflits. Les filles qui
ont reçu une éducation de qualité deviennent
des femmes instruites qui auront
probablement moins d’enfants et ceux-ci
seront en meilleure santé et mieux éduqués.
Elles sont aussi plus à même de participer
aux décisions qui les concernent, elles et
leurs communautés.
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Repères
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Estimation du
nombre d'enfants victimes de conflits armés
durant la dernière décennie :
Nombre
d’enfants soldats : 250 000, dont plus du
tiers en Afrique
Nombre
d’enfants victimes des mines anti personnel
: 8 à 10 000 par an
Nombre
d’enfants réfugiés ou déplacés dans le monde
: 23 millions
Tués : 2
millions
Gravement
blessés ou mutilés à vie : 6 millions
Sans abri :
12 millions
Orphelins ou
séparés de leurs familles : plus de 1
millions
Traumatisés
psychologiquement : 10 millions
20 pays sont
inscrits sur la liste noire des pays en
conflit utilisant massivement des enfants
soldats :
Afghanistan, Burundi,
Colombie, Côte d'Ivoire, République centrafricaine,
République démocratique du Congo, Géorgie, Haïti, Iraq,
Liban, Myanmar (ex Birmanie), Népal, Ouganda, Philippines,
Somalie, Soudan, Sri Lanka, Tchad, Thaïlande et dans le
Territoire palestinien occupé par Israël (source :rapport
ONU 2010).
Voir
aussi :
Qui utilise des enfants soldats ?
Déclaration sur la
protection des femmes et des enfants en
période d'urgence et de conflits armés.
Protocole facultatif
se rapportant à la Convention internationale
des droits de l'enfant concernant
l'implication d'enfants dans les conflits
armés.
Principes de Paris :
Principes directeurs relatifs aux enfants
associés aux forces armées ou aux groupes
armés.
Engagements de Paris : en vue de protéger les
enfants contre une utilisation ou un recrutement illégaux par des groupes ou des
forces armées.
Le scandale des mines antipersonnel.
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