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Avec
l'abolition officielle de la traite et de
l'esclavage en 1981 en Mauritanie, le temps
de la propriété de l'homme par l'homme
paraissait révolu. Près d'un siècle et demi
après Victor Schœlcher et l'Abbé Grégoire,
l'humanité semblait en avoir terminé avec
l'esclavage. Pourtant, de faits divers en
rapports alarmistes du BIT, l'idée que
l'esclavage n'est pas mort et que ses
nouvelles formes doivent être mieux définies
et combattues s'est peu à peu imposée.
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Qu'est-ce que l'esclavage moderne ?
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L'arsenal
législatif et réglementaire visant à abolir
l'esclavage moderne n'a cessé de s'élargir,
pour y englober toutes ses nouvelles formes.
La diversité des formes d'asservissement
rend difficile une définition claire de ce
qu'est l'esclavage moderne. Ainsi les divers
textes visant à la réprimer ont des champs
d'actions plus ou moins larges : certains
n'intègrent que les formes contemporaines de
l'esclavage "classique", d'autres ont des
préoccupations plus étendues. Quelques
constantes permettent toutefois de dresser
un premier contour de ce que l'on désigne
par "esclavage moderne", il est notamment
(mais pas exclusivement) caractérisé par :
le travail forcé, sous la menace de sévices
corporels ou psychologiques ;
une relation de propriété ou de
quasi-propriété d'un esclave par un
"employeur", où l'esclave est maintenu dans
cette relation de dépendance par des
sévices, ou menaces de sévices, corporels ou
psychologiques ;
une déshumanisation de l'esclave qui n'est
plus traité comme un être humain, mais comme
une marchandise, et acheté ou vendu comme
tel (ici l'esclavage moderne apparaît en
fait comme la version contemporaine de
l'esclavage classique) ;
des entraves physiques ou une liberté de
mouvement restreinte.
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La situation de la France
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La France,
comme tous les pays riches, n'est pas
épargnée par ce fléau.
Pourtant
vous ne serez probablement jamais confronté
à l'esclavage car il se dissimule derrière
des façades cossues ou des pavillons
anodins. Chaque jour, des milliers de jeunes
domestiques asiatiques et africaines sont
asservies près de chez nous. Privées de
leurs papiers d'identité, astreintes à 15,
18, ou 21 heures de labeur quotidien, sept
jours sur sept, non rémunérées ou si peu,
ces jeunes femmes - ces enfants - sont
parfois battues et abusées sexuellement. Les
esclavagistes sont nantis ou modestes,
diplomates ou simples citoyens.
Sans parler de la servitude pour dette qui
n'est pas l'apanage des pays du sud.
En France, des dizaines de milliers de
jeunes étrangers suent dans des ateliers
clandestins de confection et de maroquinerie
ou sur des chantiers de travaux publics,
pris au piège d'une dette exorbitante
contractée pour prix de leur passage.
Et que dire de certaines filières
internationales de prostitution qui broient
leur proie dans une logique de profit et de
violence ?
Pour
plus d'information : voir le site du
Comité contre
l'esclavage moderne
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