La
Convention internationale des droits de l'enfant
et son interprétation en France

On
croît, à tort, que la Convention Internationale relative aux
droits de l'enfant, ratifiée par la France le 26 janvier
1990, entrée en vigueur le 6 septembre de la même année, a
augmenté de manière importante les droits accordés aux
enfants.
La Cour de Cassation française considère, en
interprétant l'article de la convention qui indique que "
les États parties s'engagent à prendre toutes les mesures
législatives, administratives et autres qui sont nécessaires
pour mettre en œuvre les droits reconnus par la présente
convention ", que les droits mentionnés dans ce texte ne
peuvent être revendiqués par les enfants tant que chaque
État signataire n'a pas modifié sa propre législation. A
l'opposé
le Conseil d'État
admet une application directe de cette Convention.
Ainsi donc pour l'instant, un mineur ne peut pas devant un
tribunal judiciaire français s'appuyer sur la seule
convention. Il ne peut a priori revendiquer le respect d'un
droit prévu par cette convention que lorsque ce droit a été
repris dans la loi française. Entre la position de la Cour
de Cassation et celle du Conseil d'État, il aurait été plus
logique de distinguer entre les droits énoncés dont la mise
en œuvre impose un aménagement de la législation nationale
et ceux pour lesquels cela n'est pas indispensable.
En attendant, les enfants tout comme les adultes peuvent
invoquer directement, parce qu'elle fait partie intégrante
de notre droit, la Convention européenne de sauvegarde des
droits de l'homme et des libertés fondamentales (voir
le texte) du 4
novembre 1950. Ce texte mentionne notamment le droit à la
liberté de mouvement de pensée et de religion et à la sûreté
l'interdiction de tout traitement inhumain ou dégradant, le
droit d'être entendu équitablement par un tribunal
indépendant et impartial, le droit à la vie privée et
familiale. |