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20 novembre 2011
Les droits de l'enfant 22 ans après
Le 20 novembre 2011 nous
avons fêté les 22 ans de la
convention internationale des droits de l’enfant. 22 ans et
beaucoup reste à régler.
Adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 20
novembre 1989, la Convention Internationale des Droits de
l’Enfant (CIDE) est le traité international le plus ratifié
au monde. A l’exception notable des Etats-Unis et de la
Somalie, tous les pays ont reconnu alors l’impératif
d’apporter des soins et une attention particulière aux
enfants en raison de leur vulnérabilité considérant que «l’humanité
se doit de donner à l’enfant le meilleur d’elle-même ».
Vingt deux ans après, où en est-on ?
Santé, des progrès mais peu mieux faire
Les progrès les plus significatifs depuis 1989 ont été
réalisés dans le domaine de la santé. Pour autant, ils
restent relatifs : en 2009, 9 200 000 enfants (au lieu de 14
millions en 1989) mouraient encore avant leurs 15 ans. Si
nombre de maladies virales comme la rougeole, le tétanos ou
bien encore la polio ont pratiquement été éradiquées,
puisque le taux de mortalité des enfants pour ces épidémies
a baissé de presque 90 % en vingt ans, il n’en est pas de
même pour le SIDA. 2 millions d’enfants de par le monde l’on
contracté et 35 % d’entre eux en meurent avant leurs 10 ans.
Près de 90% de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne
où les médicaments, pourtant de plus en plus efficaces,
tardent à arriver.
Malnutrition et accès à l’eau potable : une situation
dramatique
Le bilan, quoique meilleur qu’il y a vingt deux ans, reste
dramatique : 4 millions d’enfants meurent avant 5 ans parce
qu’ils sont mal nourris. Dans les pays en voie de
développement, plus d'un milliard d'habitants n'ont pas
accès à l'eau salubre et près de 3 milliards de personnes
(plus de la moitié de l'humanité) ne sont pas équipées de
systèmes d'assainissement. Près de 3 millions d'enfants
meurent chaque année de maladies dues au manque d'hygiène et
douze millions d’entre eux meurent victimes de pneumonie, de
diarrhée et autres maladies évitables. Pourtant de simples
mesures d'hygiène, d’accès à l’eau potable, d’alimentation
suffisante ou d’allaitement maternel pourraient sauver de
nombreuses vies.
Les enfants au travail
Aujourd’hui, plus de 200 millions d’enfants travaillent dans
le monde, exerçant des activités qui nuisent à leur
développement mental, physique et émotionnel. Les enfants
sont contraints de travailler parce que leur survie et celle
de leur famille en dépendent. Le travail des enfants
perdure, même là où il a été déclaré illégal, et il est
souvent entouré d’un mur de silence, d’apathie et
d’indifférence.
Les enfants soldats
250 000 enfants dans 20 pays de la planète, dont certains
n'ont pas plus de 8 ans, participent directement aux
conflits. Ils sont soldats, démineurs, espions, porteurs,
esclaves sexuels... Certains autres ont appris à tuer et à
torturer. Si leur nombre global reste stable, les pays ayant
recours aux services de ces gamins sont eux de plus en plus
nombreux. Au moins deux millions d’enfants sont morts ces
10 dernières années à la suite de guerres déclenchées par
des adultes. Des progrès sont cependant enregistrés grâce à
une plus grande visibilité de la cause des enfants impliqués
dans des conflits armés. L’adoption de normes plus strictes
pour les protéger et améliorer l’assistance humanitaire
constitue également des avancées.
L’exploitation sexuelle des enfants
Pour le bon plaisir d'adultes sans scrupules plusieurs
millions d'enfants et d'adolescents sont prostitués ou
exploités sexuellement à travers le monde. Malgré une prise
de conscience certaine, ce phénomène se développe et de
nouveaux réseaux se créent notamment sur Internet. C'est
avant tout un drame de pauvres. Même si l'on rencontre sur
tous les continents des pédophiles, la très grande majorité
des enfants prostitués et exploités sexuellement se trouvent
dans les pays du tiers monde ou dans les catégories sociales
très défavorisées des pays riches. La majorité de ces jeunes
a entre 12 et 18 ans, mais certains ont à peine 8 ans et
même des bébés sont parfois impliqués. Là aussi, de réels
progrès ont été réalisés grâce notamment à un renforcement
de l’arsenal répressif et des campagnes d’information en
direction des enfants.
L’Education, un levier majeur
Entre tous, l’éducation joue un rôle crucial. Car, même au
milieu du chaos, elle peut restaurer un certain degré de
stabilité et de normalité pour les enfants. Une amélioration
sensible a été opérée depuis 20 ans et le nombre d’enfants
non scolarisés est passé de 115 millions à 93 millions.
L’écart entre le nombre de filles scolarisées et les garçons
s’est considérablement réduit. Une amélioration qu’il faut
cependant relativiser par le taux d’achèvement des études
qui reste très insuffisant. L’éducation offre une occasion
unique de transmettre aux enfants des messages de survie sur
des questions aussi vitales que la prévention du sida et la
sensibilisation aux dangers qui les menacent. L’éducation
peut aussi permettre de semer la paix et la justice partout
dans le monde.
CIDE : 22 ans de progrès et d’illusions
La Convention Internationale des Droits de l'Enfant de 1989
a soulevé de grands espoirs et des promesses ont été faites
aux enfants du monde. Ce texte a été un symbole, en
mentionnant expressément que chaque être humain peut se
prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés
inscrites dans la Déclaration des droits de l’homme et du
citoyen. L’enfant n’était plus un adulte en devenir, il
était bel et bien un être humain, sujet de droits et de
devoirs. 20 ans après, il reste beaucoup à faire pour que
les droits des enfants deviennent une réalité. Promouvoir et
défendre les droits des enfants, c'est tout d'abord créer
les conditions sociales, économiques et culturelles afin que
tous puissent y accéder. C'est à ce prix que les droits de
l'enfant seront véritablement respectés. Il faudra donc
encore beaucoup de volonté politique et d’acharnement
individuel et associatif pour que les dirigeants de la
planète débloquent enfin les moyens pour y parvenir.
La situation en France
Si la France est un des pays au monde qui respecte le mieux
la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (le
Canada et la Suède font figure de meilleurs « élèves »), il
existe toutefois de graves problèmes : la pauvreté qui
touche 2 millions d’enfants avec ses conséquences
désastreuses sur la scolarité, l’accès à la santé et au
logement ; la discrimination qui pénalise les jeunes des
banlieues issus de l’immigration ou d’Outre-mer ; la
situation des mineurs étrangers isolés qui sont retenus dans
les zones d’attente des aéroports ou qui errent dans les
rues sans bénéficier d’assistance ; le recours excessif aux
mesures répressives, par défaut de structures alternatives à
l’incarcération des mineurs, renforcé par l’approche des
élections présidentielles ; le fichage des enfants dans le
fichier "Base élève" de l'Education nationale ; la situation
des enfants Roms et des gens du voyage ; la suppression du
défenseur des enfants en tant qu’autorité indépendante
aujourd’hui noyé dans l’ensemble hétéroclite du "Défenseur
des droits" ; l’évaluation des enfants dès la maternelle ;
la difficulté d’intégration scolaire des élèves handicapés,
le suicide des enfants et des jeunes ; la discrimination
dans les cantines scolaires, etc…
Perception de la convention en France
Selon un sondage UNICEF/SOFRES effectué en
novembre 2010, auprès des jeunes de 13 à 18 ans, à peine un
sur quatre, soit 24 %, avait déjà entendu parler de la
Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE)..
Ainsi, on parle de moins en moins de droits de l’enfant,
sauf quand l’actualité les ramène sur le devant de la scène
(pédophilie, maltraitance…). On parle de moins en moins de
droits de l’enfant mais beaucoup du droit à l’enfant. On
constate une nouvelle tentative de lier droits des enfants
et devoirs des enfants avec l’idée que « l’enfant aura des
droits lorsqu’il respectera ses devoirs ». Pourtant la
convention internationale des droits de l’enfant a reconnu
l’enfant comme une personne qui n’appartient à personne et
que la société doit protéger. Comment un enfant peut-il
respecter une règle, une loi venant d’un groupe, d’un Etat
qui ne le respecte pas voire qu’il le dénie totalement ?
C’est pourquoi, il est nécessaire de mieux promouvoir les
droits de l’enfant et la Convention Internationale auprès
des enfants eux-mêmes. Ce n’est pas une question mineure,
car garantir à l’enfant le droit à la santé, à un nom, à une
nationalité, à l’éducation, aux loisirs, à la culture, passe
par le fait que ces droits soient aussi accordés à leurs
parents. On le voit bien, du sort que l’on réserve
aujourd’hui aux enfants dépend l’avenir de la société toute
entière.
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Quelques chiffres :
30% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté
sont des enfants (soit 2 millions d’enfants)
980 000
enfants vivent dans des familles percevant
les minima sociaux
140 000 adolescents sortent de l'école
sans diplôme ni
formation
350 000 enfants vivent dans des conditions de logement
indécentes ou sont en errance
30 000 enfants vivent dans la rue
150 000 enfants sont séparés de leur famille,
majoritairement dans les milieux défavorisés
7 000 mineurs étrangers vivent isolés sans aucun soutien
1 enfant sur 20 est victime de violences physiques
1 enfant sur 10 est victime de violences psychiques
1 enfant sur dix est victime de harcèlement à l’école
Le suicide des jeunes est la deuxième cause de mortalité
après les accidents de voiture
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