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 Sommaire :

  Enfance en danger, vive polémique entre l'ONED et les professionnels
  Un enfant de 8 ans convoqué par la gendarmerie
  2,4 millions d'enfants pauvres en France
  Enlèvement d'Elise : quand l'intérêt de l'enfant est ignoré
  Grave remise en cause de l'ordonnance de 1945
  Sortie de Johny Mad Dog au cinéma
  Les 19 ans de la Convention des droits de l'enfant
  Décès de Sœur Emmanuelle
  17 octobre 2008 : journée mondiale du refus de la misère
 

Enfance en danger :
vive polémique entre l’ONED et les professionnels de terrain


L’Observatoire national de l’enfance en danger (Oned) fait face à une fronde des travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés et médecins de protection maternelle et infantile. La pomme de discorde concerne les fiches que les départements vont devoir remplir et lui transmettre «à l’occasion d’une information préoccupante concernant un enfant», dans le cadre du décret du 19 décembre 2008, en application de la loi du 5 mars 2007.

L’Association nationale des assistants sociaux (Anas) et l’Organisation nationale des éducateurs spécialisés (Ones) ont dénoncé respectivement les 16 et 20 avril la lourdeur de la procédure (huit fiches techniques totalisant plus de 100 questions) et diverses «dérives» : utilisation récurrente de la notion de «suspicion», non information des personnes concernées... L’Anas demande que les professionnels soient associés «à la construction du dispositif, comme ils l’ont été lors de l’élaboration de la loi».

Le Syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile (SNMPMI) a réclamé, le 22 avril, «une large concertation» pour redéfinir la notion d’information préoccupante. Il demande que la procédure de recueil des données soit soumise à une autorisation préalable de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil).
L’Anas a pour sa part décidé de saisir cette instance dès maintenant, ainsi que la commission éthique du Conseil supérieur du travail social (CSTS).

Secret professionnel
L’Ones souligne par ailleurs que la révélation de ce type d’information enfreint le secret professionnel. Un point que relèvent également les médecins de PMI : «la déontologie professionnelle serait profondément remise en cause par l’utilisation de ces fiches», déclare leur syndicat national, qui explique que le travailleur social serait amené à cocher des cases révélant, voire portant un diagnostic médical.
Autrement dit, précise le SNMPMI, «cela soumettrait le professionnel au risque d’une double faute, celle de porter atteinte au secret professionnel, et celle d’outrepasser ces compétences.» Et de dénoncer à son tour un esprit de «suspicion» dans les questions et l’absence de référence au contexte pour éclairer les réponses.

Nécessaire vision globale
«Près de 1.000 professionnels et de nombreuses institutions ont été consultés ou informés», se défend l’Oned dans un communiqué publié le 17 avril, et «cette consultation se poursuit tout au long de la mise en œuvre du décret».
Il fait notamment valoir que les données transmises sont «soumises à une double anonymisation rigoureuse», telle qu’elle se pratique en médecine et que les départements font une déclaration auprès de la Cnil.
L’observatoire réfute par ailleurs l’argument éthique, soulignant que le décret respecte «le droit des parents et des libertés individuelles, les codes de déontologie des professionnels concernés, et encourage une position éthique de chaque acteur.»

Par ailleurs, l’Oned observe que le recueil d’informations par les professionnels se pratique depuis longtemps : «la nouveauté réside uniquement dans le recueil systématique et homogène de ces données.»
Enfin, il rappelle l’intérêt de cette collecte, qui «pallie un manque de vision globale en protection de l’enfance», la France étant «un des rares pays européens à ne pas disposer d’informations fiables sur les caractéristiques des enfants concernés ni sur les interventions dont ils bénéficient.» Un point, au moins, qui semble faire consensus. (source La Gazette des communes)Retour au sommaire


Un enfant de 8 ans convoqué par la Gendarmerie !

La colère et l'incompréhension à l'école des Croizettes à Courdimanche, dans le Val d'Oise. Un enfant de 8 ans a été convoqué et auditionné ce samedi 30 mai à la gendarmerie pour s'être bagarré pendant la récréation. Une bagarre qui remonte à 2 mois et lors de laquelle l'un des deux enfants a reçu un coup plus violent que les autres. Sa mère a alors porté plainte contre l'autre enfant. Si aujourd'hui les deux enfants sont réconciliés, les parents, eux, ne se sont pas rencontrés.

« L'attitude de la maman un peu exagérée »

Encore choqué par cette histoire et les proportions qu'elle a prise, Eric, le père du petit convoqué à la gendarmerie, raconte : « Un soir à la sortie de l'école, la maman est venue me voir en me disant : vous direz à votre fils d'arrêter de donner des coups de pieds à mon fils. Je lui ai dit : si vous estimez que mon fils donne des coups de pieds au vôtre, parlez-en à la maîtresse et au directeur, et réunissons-nous pour en discuter. Depuis, plus de nouvelles. Et vendredi dernier, la gendarmerie tape à ma porte, avec une convocation pour mon gamin de 8 ans qui se serait battu à l'école. Choqués, on se rend à la gendarmerie avec ma femme, qui est enseignante. Notre fils est auditionné seul pendant 20 minutes par un gendarme. Pour une histoire dont on n'a même pas eu écho de la part de la maîtresse, ni du directeur. Donc on est surpris, parce que notre gamin est sérieux, il est pratiquement premier de sa classe. Et il va souvent aux anniversaires de cet enfant ; ils se connaissent bien ; ils rigolent ensemble. Donc on a trouvé l'attitude de la maman un peu exagérée. Si tout le monde se met à aller à la gendarmerie à chaque fois qu'un gamin reçoit un coup de pied, la gendarmerie n'a pas fini d'avoir du boulot ! »

« Une procédure normale », assure la gendarmerie. Mais les associations de parents d'élèves sont aussi choquées par cette plainte de la maman pour une banale bagarre de cour de récré. Le directeur de l'école est du même avis. Jamais les enseignants n'auraient imaginé que cette histoire prendrait une telle ampleur. La maire de Courdimanche, elle, regrette de n'avoir jamais été contactée à ce sujet. Elle aurait cherché, dit-elle, un autre moyen de régler cette affaire.

« Que le ministère arrête de faire monter l'angoisse des parents ! »

Christiane Alain, secrétaire générale de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE), n'est pas étonnée que cette affaire prenne une telle ampleur dans le contexte actuel : « nous entendons des discours très forts sur le thème "les enfants sont dangereux, ont des armes, peuvent être fichés, fouillés...". Ces discours officiels, qui émanent du ministère de l'Education nationale, créent de l'inquiétude chez les parents. Mais des bagarres dans la cour de récréation, ça ne date pas d'aujourd'hui ! Et ça ne va pas s'arrêter. Alors, qu'on arrête de faire monter l'angoisse des parents sur les comportements violents ou pseudo-violents de leurs enfants à l'école. » (source RMC)


2,4 millions d'enfants pauvres en France

Selon un récent rapport de l'INSEE (Institut National de la Statistique) la France comptait en 2006, 8 millions de pauvres.
Les inégalités de niveaux de vie se creusent, la pauvreté s'accroît. Ce double constat s'impose à la lecture de la dernière enquête de l'INSEE sur les revenus et le patrimoine des ménages. 8 millions de français, soit 13,2 % de la population, ont un revenu inférieur à 880 euros par mois. La pauvreté touche d'abord les chômeurs (plus d'un tiers). Elle atteint presque 10% chez les retraités (1,2 millions de personnes). L'INSEE indique que les enfants vivants dans un ménage pauvre sont deux fois plus nombreux, soit 2,4 millions (30 % de la population totale en état de pauvreté). Enfin, les familles monoparentales sont les plus sévèrement frappées puisqu'elles représentent 30,3 % soit  1,6 millions de personnes.
Portant sur l'année 2006, cette enquête ne prend donc pas en compte le choc entraîné par la crise économique et financière qui a éclatée depuis, et a, vraisemblablement aggravé les tendances.
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Jean-Charles Champagnat

(source INSEE)


EElise avec son père et sa mèreEnlèvement d'Elise :
quand l'intérêt de l'enfant est ignoré

Élise, la fillette franco-russe enlevée par sa mère le 20 mars à Arles et retrouvée ce week-end en Hongrie , est revenue en France en compagnie de son père. Jean-Michel André avait récupéré sa fille lundi, dans un foyer où elle avait été placée après l'arrestation de sa mère à la frontière entre la Hongrie et l'Ukraine.
Le couple, en instance de divorce, se déchire depuis des mois pour la garde d'Élise, et chaque pays juge que son ressortissant est dans le bon droit. Les deux parents ont obtenu, chacun dans leur pays respectif, la garde de l'enfant et sont poursuivis, pour la mère en France, et pour le père en Russie.

Depuis son retour en France, le père d’Elise s’est livré à un véritable marathon médiatique. Il a volontiers répondu aux questions des journalistes pour les journaux télévisés du « 20 heures ». Il a multiplié les interviews. Durant cette tournée télé, la fillette franco-russe n’a pas quitté les bras de son père. Fatiguée, elle s’est même endormie. Cette médiatisation a outrance est véritablement choquante car à aucun moment ni les journalistes ni le père ne se sont posés la question de la protection de l'enfant. Après avoir été victime du déchirement de ses parents, la petite Elise ne devrait-elle pas être enfin à l’abri des regards ?

Une illustration supplémentaire du peu de responsabilité des parents : Elise c'est l'enfant revendiqué, l'enfant tiraillé, l'enfant utilisé, l'enfant objet. Cette situation risque de laisser des traces indélébiles pour sa vie future.
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Jean-Charles Champagnat


Grave remise en cause de
l'ordonnance de 1945


On désigne sous le terme Ordonnance de 1945 une des ordonnances de 1945 en France, signée le 2 février sur l'enfance délinquante. Elle crée les tribunaux pour enfants et le juge des enfants[réf. nécessaire] et définit clairement la primauté de l’éducatif sur le répressif. Ce texte a été revu de nombreuses fois depuis les années 1980.

Création d'un tribunal correctionnel pour mineurs, fixation à 12 ans de l'âge de la responsabilité pénale... voici les principales recommandations de la commission Varinard sur la refondation de l'ordonnance de 1945.

La prison à partir de 12 ans ?
Il n’existe pas, en France, d’âge minimum de responsabilité pénale. Le juge doit apprécier si le jeune mis en cause est capable de discernement, et donc accessible à une sanction. En dessous de 13 ans, cependant, cette sanction ne peut être qu’une mesure éducative. Le mineur ne peut pas être incarcéré. La commission présidée par le juriste André Varinard propose que la loi fixe désormais l’âge minimum de responsabilité pénale à 12 ans. La prison sera dès lors possible, mais seulement en matière criminelle. Les experts proposent aussi un seuil pour permettre l’emprisonnement pour des délits : ce serait 14 ans.

Quant aux moins de 12 ans, le rapport ne souhaite pas qu’ils soient totalement exclus du champ de la justice. Il prévoit qu’ils puissent être retenus par la police «pour une durée de six heures renouvelable une fois».

Juger les plus de 16 ans comme des majeurs ?
La loi Dati d’août 2007 permettait déjà de supprimer l’excuse de minorité pour certains mineurs «récidivistes» et de leur appliquer les mêmes peines que les majeurs. La commission Varinard veut aller plus loin, avec la création d’un tribunal correctionnel spécial qui pourrait permettre de généraliser ce durcissement. Il serait réservé aux plus de 16 ans récidivistes ou «devenus majeurs au moment de leur jugement» et pourrait être présidé par un juge correctionnel, et non plus un juge pour enfants.

La fin de la primauté de l’éducatif ?
Les experts, d’ailleurs, ne veulent plus de cette appellation d’«enfants». Il serait plus adéquat, pensent-ils, de parler de «juge des mineurs» et de «tribunal pour mineurs». Qui serait présidé par un juge unique, en supprimant les deux assesseurs issus de la société civile, pour les délits dont la peine est inférieure à cinq ans. Ils souhaitent aussi que soit supprimé le préambule de l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs, qui affirme le primat de l’éducatif sur le répressif. Ce principe pourrait toutefois être réintroduit dans la rédaction d’un nouveau «code de justice des mineurs», qui remplacerait le reste de l’ordonnance. «Ces changements sémantiques ne permettront en rien d’améliorer la prise en charge de la délinquance des mineurs», se désole Christine Lazerges, professeure à Paris-I et spécialiste du sujet. Résumant l’inquiétude de la plupart des observateurs, l’ancienne députée s’alarme également de la proposition d’une «peine d’emprisonnement de fin de semaine», censée permettre aux jeunes de continuer à aller au lycée. «Dans quel état arriveront-ils en cours après un week-end en prison ? Sous prétexte d’afficher des grands principes de fermeté, ce rapport cache des bouleversements dangereux.»

(source Libération)Retour au sommaire


Sortie de "Johny Mad Dog" au cinéma.

Un pamphlet contre l'utilisation des enfants dans les conflits armés

Johny Mad DogLe film dépeint avec une précision quasi documentaire l'état d'enfant soldat, entre peur et témérité, l'immense perte de repères et l'apparition de nouveaux modèles, la liberté de tout perpétrer, y compris le viol ou le meurtre, et la soumission totale aux ordres des adultes...

Johnny Mad Dog (Christopher Minie), quinze ans, enfant soldat aux allures de rappeur, armé jusqu'aux dents, est habité par le chien méchant qu'il veut devenir. Avec son petit commando, No Good Advice, Small Devil et Young Major, d'autres gosses affublés de déguisements étranges et de sobriquets surréalistes, il vole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Des adolescents abreuvés d'imageries hollywoodiennes, d'information travestie, qui jouent à la guerre...

Ailleurs, Laokolé (Daisy Victoria Vandy), treize ans, pousse son père infirme dans une brouette branlante. Elle s'efforce de fuir la ville livrée aux milices d'enfants soldats, de sauver son père et son petit frère Fofo, huit ans. De toutes ses forces, elle tente de rattraper cet avenir radieux que lui promettait sa brillante scolarité.

Tandis que Johnny avance, Laokolé fuit.. Des enfances abrégées, une Afrique ravagée par des guerres absurdes, un peuple qui tente malgré tout de survivre et de sauvegarder sa part d'humanité...

Produit par Mathieu Kassovitz, tourné au Liberia avec le soutien de la présidente Ellen Johnson-Sirleaf, "Johnny Mad Dog" est entièrement joué par d'anciens enfants soldats, membres des milices de Charles Taylor ou du LURD (Liberians United for Reconciliation and Democracy). D'autres acteurs sont des enfants des rues trouvés dans les ghettos de la capitale Monrovia. Au cours du tournage, tous ont joué leur propre vécu, grâce à un travail ardu de formation d'acteur. Pendant plus d'un an, Jean-Stéphane Sauvaire s'est attaché à travailler avec ces enfants analphabètes et souvent déstructurés, à réécrire les scènes en fonction de leurs souvenirs et de leurs improvisations. Un défi pour le cinéaste, une thérapie pour ses acteurs.

Embrigadement, drogues, chants, mécanismes de survie: plongés dans la folie de la guerre transformée en jeu, ces anciens enfants soldats ont recréé leur passé. "Ils tuent pour ne pas se faire tuer, manipulés par leurs supérieurs et pris dans cette folie conditionnée par des rites très précis: les costumes, les surnoms, le groupe, les drogues, tout concourt à ne jamais être soi-même, simplement une machine à tuer".

Ex-assistant réalisateur (auprès de Cyril Collard, Karim Dridi, Gaspar Noé, Laetitia Masson), Jean-Stéphane Sauvaire avait déjà réalisé en 2003 "Carlitos Medellin", un documentaire sur un enfant des rues colombien, prix du meilleur film pour les droits de l'Homme en 2004. Avec "Johnny Mad Dog", il nous offre cette fois une magnifique fiction coup de poing: belle et brutale, d'une violence folle et pourtant porteuse d'espoir. Indispensable. (source AP).Retour au sommaire

Voir la page consacrée aux enfants soldats


Logo 20 novembre (UNICEF)Les 19 ans de la Convention internationale des droits de l'enfant

Les droits de l'enfant sont exprimés dans la "Convention internationale relative aux droits de l'enfant" (CIDE). Préparée pendant 10 ans avec des représentants de différentes sociétés, religions et cultures, elle a été adoptée le 20 novembre 1989 et constitue un instrument international majeur en matière de droits de l'enfant.

La Convention relative aux droits de l'enfant a été ratifiée par 192 États depuis que l'Assemblée générale des Nations unies l'a adoptée à l'unanimité en novembre 1989. C’est le traité international le plus ratifié au monde : Deux pays seulement - les États-Unis d'Amérique et la Somalie - ne l'ont toujours pas adoptée.

En ratifiant la Convention, les États s'engagent à respecter un code d'obligations contraignantes envers leurs enfants. Grâce à la Convention, les droits de l'enfant sont aujourd'hui le fer de lance de la lutte en faveur des droits de l'homme; la société des adultes se doit de les garantir en tant qu'obligation légale, impératif moral et priorité du développement.

C’est la première fois qu’un traité de défense des droits de l'homme associe à son application une institution spécialisée des Nations unies.

Les droits de l’enfant en France
La France est le deuxième pays à avoir ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant. Ce traité international est entré en vigueur dans notre pays le 2 septembre 1990. La France n'est cependant pas à l'abri de tous les maux qui peuvent toucher les enfants dans les pays industrialisés : pauvreté, précarité, maltraitance. Parfois, l'accès aux services de base leur est même refusé.
La promotion et le respect des Droits de l'Enfant ne doit pas rester un simple idéal, mais doit devenir une réalité au quotidien, que soient enfin reconnus les droits essentiels de l'enfant : droit à la protection, droit à la santé, droit au développement harmonieux, droit à la culture, droit à l'éducation.

Enfants en France :
Un million d'enfants pauvres
19.000 enfants maltraités
76.000 sont en danger dans un contexte familial dégradé et qui menace leur développement éducatif et/ou matériel
quelque 240.000 enfants placés ou pris en charge
85 000 sont touchés par le saturnisme
record des suicides des 15-24 ans.
150 000 filles et garçons quittent chaque année le système scolaire sans aucune perspective
15 000 ne suivent pas leurs cours alors qu'ils sont inscrits au collège ou au lycée et qu'ils n'ont pas encore 16 ans.
15 % des enfants qui arrivent au collège ne comprennent pas ce qu'ils lisent

Même si la France traite globalement bien ses 15 millions de moins de 18 ans, elle "peut mieux faire", résumait récemment le Conseil français des associations pour les droits de l'enfant (Cofrade).

Le 14 décembre, l'Unicef sortira son rapport annuel intitulé "Enfants exclus, enfants invisibles", sur les enfants qui ne sont pas enregistrés à l'Etat civil ou les enfants de la rue. Fin 2004, le même rapport indiquait que plus d'un milliard d'enfants sur Terre, soit plus de la moitié au monde, "souffrent de privations extrêmes liées à la pauvreté, à la guerre et au sida. Retour au sommaire
 


Décès de Sœur Emmanuelle
Ange gardien des chiffonniers du Caire


Soeur EmmanuelleSœur Emmanuelle, décédée, hier, à la veille de ses 100 ans, restera avant tout l'ange gardien des chiffonniers cairotes, les parias de l'immondice. Deux décennies au service des "zabaleens", les chiffonniers du Caire, et soixante années de vie religieuse.

En 1971, à l'heure de la retraite, elle aurait pu se retirer dans un couvent, après avoir enseigné le français et la philosophie à des générations de jeunes filles de la bonne société du Caire. Non. Elle souhaitait vivre auprès des lépreux. Ce n'est pas possible, alors elle se tourne vers les parias qui hantent les faubourgs de la ville.

«Yalla», a dit sœur Emmanuelle. « En avant », dans les fumerolles des immondices, les odeurs nauséabondes à vous révulser le cœur. Elle ne les sent pas, tant elle a partagé la vie de son petit peuple. Elle y vit dans un maigre cabanon de planches et de tôles, un gourbi à la fois infâme et merveilleux. « Le premier soir, j'ai rendu visite à mes voisins. Nous avons partagé le thé. Quel souvenir ! Ils m'ont accueillie à bras ouverts. Dans mon bidonville, jamais je n'ai eu peur. »

On lui parle des rats, des maladies, des puces. De sa voix maigrelette et flûtée, sœur Emmanuelle ricane devant tant d'appréhensions. « Les puces m'embêtent beaucoup moins maintenant. Il n'y a presque plus rien à manger sur une octogénaire ! » On croise dans le dédale d'ordures et de cabanons, des enfants pieds nus tirant des charrettes de détritus, un bébé aux yeux couverts de mouches, une femme aux mains calleuses aussi noires que ses vêtements. Elle trie des déchets, et, face à la « grande sœur », le regard s'éclaire, sourires et embrassades. Magique sœur Emmanuelle.

Auprès des zabalins, méprisés, traités de voleurs et d'assassins, elle a accompli des miracles. À l'époque, en 1991, après vingt ans de combat, elle a réussi à scolariser la moitié des enfants. La bataille de l'école est en passe d'être gagnée. Les chiffonniers acceptent de faire instruire leurs enfants. Résultat extraordinaire, non ? « Extraordinaire peut-être, mais insuffisant », répond-elle. Elle est préoccupée par la situation des femmes. « La femme pour un chiffonnier est un être secondaire, une esclave battue. » « Et moi, leur demandait-elle, pourquoi me respectez-vous, ne suis-je pas une femme ? » Non, « toi ce n'est pas pareil. »

Elle est leur madone, mais veille à ne pas heurter leurs convictions religieuses. Les chiffonniers cairotes se partagent entre musulmans et chrétiens coptes. Les seconds élèvent des cochons avec les épluchures. Sur son cabanon, et sous le mot « amour », elle a accroché une croix et un croissant. Quand il le faut, elle sait surpasser les consignes de l'Église. Chez les zabalins, les petites filles sont mariées très tôt, pour la dot. Dès l'âge de 10-12 ans. Avec tous les risques qui s'ensuivent. Elles sont enceintes trop tôt. La mortalité maternelle et infantile est effrayante. Elle autorise donc les médecins de son dispensaire à distribuer la pilule.

Dans l'un de ses derniers livres, elle a raconté comment elle s'en est ouverte à l'époque au pape Jean-Paul II. Qui ne lui a pas répondu. « En ne me condamnant pas, en fait, il m'a approuvée. » Dans le cœur de sœur Emmanuelle ne coulait pas d'eau bénite. Elle bouillonnait intérieurement. « Je peux être soupe-au-lait », disait-elle. Pète-sec également. Au Caire, elle fut une femme d'action redoutable qui ne lâchait jamais les grands de ce monde quand ils passaient à portée de main. Elle tutoyait tout le monde. Face à ses yeux bleus perçants, tous répondaient à ses sollicitations. Car il lui fallait de l'argent pour sauver ses parias. Elle était prête à courir le monde et les plateaux télé pour y arriver. Elle appréciait d'être appréciée et rien ne lui résistait, sauf sa congrégation.

En 1993, après avoir refusé à trois reprises d'abandonner ses chiffonniers, l'âme en peine, elle se résout à rentrer en France. Elle se retire dans le Var dans une maison de retraite pour religieuses. Mais l'action lui manque. Elle découvre la détresse morale et spirituelle de notre société, et de nouveaux parias, les SDF. Ils furent sa nouvelle raison de vivre, de prier et de déployer sa formidable énergie.Retour au sommaire

Voir la page consacrée aux "Zabaleens" du Caire

(source : Ouest-France)



Sans abri à Paris17 octobre 2008
Journée mondiale du refus
de la misère

Le 17 octobre 1987, à l'appel du Père Joseph Wresinski, 100 000 défenseurs des Droits de l'Homme se sont rassemblés sur le Parvis du Trocadéro, à Paris, pour rendre honneur aux victimes de la faim, de la violence et de l'ignorance, pour dire leur refus de la misère et appeler l'humanité à s'unir pour faire respecter les Droits de l'Homme. Une Dalle, proclamant ce message, a été inaugurée à cette occasion sur le Parvis des Libertés et des Droits de l'Homme, là où fut signée, en 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. On peut y lire l'appel du père Joseph :

"Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré."

Depuis cette date, le 17 octobre de chaque année, les plus pauvres et tous ceux qui refusent la misère et l'exclusion se rassemblent dans le monde entier afin de témoigner de leur solidarité et de leur engagement pour que la dignité et la liberté de tous soient respectées : ainsi est née la Journée Mondiale du Refus de la Misère.

Le 17 octobre 1992, Monsieur Javier Perez de Cuellar, ancien Secrétaire général de l'ONU, au nom d'un groupe de personnalités internationales rassemblées dans le Comité pour la Journée Mondiale du Refus de la Misère, lance un appel pour la reconnaissance du 17 octobre. Le 22 décembre 1992, le 17 octobre est proclamé Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté par l'Assemblée générale des Nations Unies. Depuis, les initiatives pour célébrer cette journée n'ont cessé de se multiplier. Dans de nombreux lieux, des rassemblements se tiennent également le 17 de chaque mois.


Création du Comité international 17 octobre

A l’occasion du 17 octobre 2008, M Cassam Uteem, ancien Président de la République de Maurice (1992-2002) et le Mouvement International ATD Quart Monde annoncent la création du Comité International 17 octobre.

Le Comité International 17 octobre a pour objectifs de :
Promouvoir la Journée mondiale du refus de la misère, qui rassemble publiquement, au niveau local, national et international tous ceux qui s’unissent déjà pour un monde sans misère et ceux qui veulent les rejoindre.

Assurer le respect de l’esprit et du sens originel de cette Journée, créée le 17 octobre 1987, autour de l’Appel à s’unir pour un monde sans misère : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. Père Joseph Wresinski ».

Promouvoir des espaces de rencontre, dans la durée, où des personnes de tous milieux puissent se retrouver ensemble autrement, pour lutter contre la misère, violation des Droits de l’Homme et pour la paix.Retour au sommaire

Pour en savoir plus : http://www.oct17.org/fr

 

 
 

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