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 Sommaire :

  Journée internationale des enfants soldats
  21ème anniversaire de la CIDE
  Suppression du Défenseur des enfants
  Enfance en danger, vive polémique entre l'ONED et les professionnels
  Un enfant de 8 ans convoqué par la gendarmerie
  2,4 millions d'enfants pauvres en France
  Enlèvement d'Elise : quand l'intérêt de l'enfant est ignoré
  Grave remise en cause de l'ordonnance de 1945
  Sortie de Johny Mad Dog au cinéma
  Les 19 ans de la Convention des droits de l'enfant
  Décès de Sœur Emmanuelle
  17 octobre 2008 : journée mondiale du refus de la misère
 

12 février 2011 :
Journée internationale des enfants soldats

Vingt millions d'enfants peut-être ont été contraints de fuir de chez eux en raison des conflits et des violations des droits fondamentaux, et vivent comme réfugiés dans les pays voisins ou sont déplacés dans leur propre pays.

Au cours de la décennie écoulée, les conflits armés ont directement tué plus de 2 millions d'enfants.

Ils sont plus de trois fois plus nombreux - au moins 6 millions - à avoir été frappés d'une invalidité permanente ou grièvement blessés.

Plus d'un million d'enfants ont été rendus orphelins ou ont été séparés de leur famille.
Entre 8'000 et 10'000 enfants sont tués ou mutilés par des mines terrestres chaque année.

On estime que 2500 000 enfants soldats - des garçons et des filles de moins de 18 ans - sont mêlés à plus de 30 conflits dans le monde. Ils sont utilisés comme combattants, coursiers, porteurs ou cuisiniers, et pour fournir des services sexuels. Certains sont recrutés de force ou enlevés, d'autres s'enrôlent pour fuir la pauvreté, la maltraitance et la discrimination, ou pour se venger des auteurs d'actes de violence commis à leur encontre ou contre leur famille.

En 2002, le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant la participation des enfants aux conflits armés est entré en vigueur. Il interdit la participation d'enfants de moins de 18 ans aux hostilités. Outre qu'il exige des Etats qu'ils portent à 18 ans l'âge du recrutement obligatoire et de la participation directe aux hostilités, le Protocole facultatif leur fait obligation de porter au-delà du minimum actuel de 15 ans l'âge du recrutement volontaire.

Pendant les conflits armés, les filles et les femmes sont menacées de viol, de violence, d'exploitation sexuelle, de traite, et d'humiliation et de mutilation sexuelles. L'utilisation du viol et d'autres formes de violence contre les femmes est devenue une stratégie dont se prévalent toutes les parties aux conflits. Les rapports d'enquête établis à la suite du génocide commis en 1994 au Rwanda ont conclu que presque toutes les femmes de plus de 12 ans ayant survécu au génocide avaient été violées. Pendant le conflit dans l'ex-Yougoslavie, on a calculé que plus de 20'000 femmes avaient été victimes de violences sexuelles. Par ailleurs, les conflits désintègrent les familles, alourdissant encore le fardeau économique et psychologique pesant sur les femmes.

Environ un tiers des 25 pays où vivent la plus forte proportion d'enfants rendus orphelins par le SIDA ont été touchés ces dernières années par des conflits armés. Sept des dix pays à plus fort taux de décès parmi les moins de cinq ans sont touchés par des conflits de ce type.
Les enfants mêlés à des conflits armés sont régulièrement confrontés à des événements émotionnellement et psychologiquement douloureux, tels que la mort violente d'un parent ou d'un proche; la séparation d'avec leur famille; le fait d'avoir vu des êtres chers tués ou torturés; l'éloignement de leur foyer et de leur communauté; l'exposition aux combats, aux bombardements et à d'autres situations mettant leur vie en danger; les mauvais traitements, tels que l'enlèvement, l'arrestation, la détention, le viol ou la torture; la perturbation des études et de la vie communautaire; le dénuement et un avenir incertain. Certains prennent même part à des actions violentes.
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Voir la page consacrée à ce sujet : les enfants face à la guerre


21ème anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant
Samedi 20 novembre 2010

 

Adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) est le traité international le plus ratifié au monde. A l’exception notable des Etats-Unis et de la Somalie, tous les pays ont reconnu alors l’impératif d’apporter des soins et une attention particulière aux enfants en raison de leur vulnérabilité considérant que «l’humanité se doit de donner à l’enfant le meilleur d’elle-même ».  Vingt et un ans après, où en est-on ?

  Santé, des progrès mais peu mieux faire

Les progrès les plus significatifs depuis 1989 ont été réalisés dans le domaine de la santé. Pour autant, ils restent relatifs : en 2008, 9 200 000 enfants (au lieu de 14 millions en 1989) mouraient encore avant leurs 15 ans. Si nombre de maladies virales comme la rougeole, le tétanos ou bien encore la polio ont pratiquement été éradiquées, puisque le taux de mortalité des enfants pour ces épidémies a baissé de presque 90 % en vingt ans, il n’en est pas de même pour le SIDA. 2 millions d’enfants de par le monde l’on contracté et 35 % d’entre eux en meurent avant leurs 10 ans. Près de 90% de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne où les médicaments, pourtant de plus en plus efficaces, tardent à arriver.

  Malnutrition et accès à l’eau potable : une situation dramatique

Le bilan, quoique meilleur qu’il y a vingt et un ans, reste dramatique : 4 millions d’enfants meurent avant 5 ans parce qu’ils sont mal nourris. Dans les pays en voie de développement, plus d'un milliard d'habitants n'ont pas accès à l'eau salubre et près de 3 milliards de personnes (plus de la moitié de l'humanité) ne sont pas équipées de systèmes d'assainissement. Près de 3 millions d'enfants meurent chaque année de maladies dues au manque d'hygiène et douze millions d’entre eux meurent victimes de pneumonie, de diarrhée et autres maladies évitables. Pourtant de simples mesures d'hygiène, d’accès à l’eau potable, d’alimentation suffisante ou d’allaitement maternel pourraient sauver de nombreuses vies.

  Les enfants au travail 

Aujourd’hui, plus de 200 millions d’enfants travaillent dans le monde, exerçant des activités qui nuisent à leur développement mental, physique et émotionnel. Les enfants sont contraints de travailler parce que leur survie et celle de leur famille en dépendent. Le travail des enfants perdure, même là où il a été déclaré illégal, et il est souvent entouré d’un mur de silence, d’apathie et d’indifférence.

  Les enfants soldats

250 000 enfants dans 44 pays de la planète, dont certains n'ont pas plus de 8 ans, participent directement aux conflits. Ils sont soldats, démineurs, espions, porteurs, esclaves sexuels... Certains autres ont appris à tuer et à torturer. Si leur nombre global reste stable, les pays ayant recours aux services de ces gamins sont eux de plus en plus nombreux.  Au moins deux millions d’enfants sont morts ces 10 dernières années à la suite de guerres déclenchées par des adultes. Des progrès sont cependant enregistrés grâce à une plus grande visibilité de la cause des enfants impliqués dans des conflits armés. L’adoption de normes plus strictes pour les protéger et améliorer l’assistance humanitaire constitue également des avancées.

  L’exploitation sexuelle des enfants

Pour le bon plaisir d'adultes sans scrupules plusieurs millions d'enfants et d'adolescents sont prostitués ou exploités sexuellement à travers le monde. Malgré une prise de conscience certaine, ce phénomène se développe et de nouveaux réseaux se créent notamment sur Internet. C'est avant tout un drame de pauvres. Même si l'on rencontre sur tous les continents des pédophiles, la très grande majorité des enfants prostitués et exploités sexuellement se trouvent dans les pays du tiers monde ou dans les catégories sociales très défavorisées des pays riches. La majorité de ces jeunes a entre 12 et 18 ans, mais certains ont à peine 8 ans et même des bébés sont parfois impliqués. Là aussi, de réels progrès ont été réalisés grâce notamment à un renforcement de l’arsenal répressif et des campagnes d’information en direction des enfants.

  L’Education,  un levier majeur

Entre tous, l’éducation joue un rôle crucial. Car, même au milieu du chaos, elle peut restaurer un certain degré de stabilité et de normalité pour les enfants. Une amélioration sensible a été opérée depuis 20 ans et le nombre d’enfants non scolarisés est passé de 115 millions à 93 millions. L’écart entre le nombre de filles scolarisées et les garçons s’est considérablement réduit. Une amélioration qu’il faut cependant relativiser par le taux d’achèvement des études qui reste très insuffisant. L’éducation offre une occasion unique de transmettre aux enfants des messages de survie sur des questions aussi vitales que la prévention du sida et la sensibilisation aux dangers qui les menacent. L’éducation peut aussi permettre de semer la paix et la justice partout dans le monde.

  CIDE : 21 ans de progrès et d’illusions

La Convention Internationale des Droits de l'Enfant de 1989 a soulevé de grands espoirs et des promesses ont été faites aux enfants du monde. Ce texte a été un symbole, en mentionnant expressément que chaque être humain peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés inscrites dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. L’enfant n’était plus un adulte en devenir, il était bel et bien un être humain, sujet de droits et de devoirs. 21 ans après, il reste beaucoup à faire pour que les droits des enfants deviennent une réalité. Promouvoir et défendre les droits des enfants, c'est tout d'abord créer les conditions sociales, économiques et culturelles afin que tous puissent y accéder. C'est à ce prix que les droits de l'enfant seront véritablement respectés. Il faudra donc encore beaucoup de volonté politique et d’acharnement individuel et associatif pour que les dirigeants de la planète débloquent enfin les moyens pour y parvenir.

  La situation en France :

Si la France est un des pays au monde qui respecte le mieux la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (le Canada et la Suède font figure de meilleurs « élèves »), de graves problèmes subsistent :  la pauvreté qui touche plus de 2,3 millions d’enfants avec ses conséquences désastreuses sur la scolarité, l’accès à la santé et au logement ; la discrimination qui pénalise les jeunes des banlieues issus de l’immigration ou d’Outre-mer ; la situation des mineurs étrangers isolés qui sont retenus dans les zones d’attente des aéroports ou qui errent dans les rues sans bénéficier d’assistance ; le recours excessif aux mesures répressives, par défaut de structures alternatives à l’incarcération des mineurs ; le fichage des enfants dans le fichier "Base élève" de l'Education nationale ; la situation des enfants Roms mise au jour par l'actualité récente et des enfants de la communauté des gens du voyage qui n'accèdent pas à la scolarité, l'accueil des enfants handicapés à l'école et enfin le projet de supprimer l'institution "Défenseur des enfants".

Quelques chiffres  pour l'année 2010 :

29 % des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté sont des enfants.

135 000 adolescents sortent de l'école sans diplôme ni formation.

300 000 enfants vivent dans des conditions de logement indécentes ou sont en errance.

30 000 enfants vivent dans la rue.

150 000 enfants sont séparés de leur famille, majoritairement dans les milieux défavorisés.

6 000 mineurs étrangers vivent isolés sans aucun soutien.

1 enfant sur 20 est victime de violences physiques.

1 enfant sur 10 est victime de violences psychiques.

5 à 7000 enfants issus de la communauté roms et des gens du voyage n'ont pas accès à l'école.

Parmi les 2/3 des roms expulsés cette année, la moitié sont des enfants.

318 enfants de parents étrangers sans papiers sont retenus en centre de rétention administrative.

Plus de 500 mineurs sont en prison.Retour au sommaire


Défenseur des enfants supprimé :
vague de protestations dans le monde associatif
(voir aussi ci-dessous, l'interview de Dominique Versini,  le communiqué de DEI-France et la question écrite au gouvernement déposée par Madame Odette TERRADE, Sénatrice du Val-de-Marne).


La suppression envisagée du poste de Défenseur des enfants, dont les attributions seraient fondues dans celles du futur Défenseur des droits, a déclenché  une cascade de protestations dans le monde associatif et syndical.

Dominique Versini
(voir vidéo de sa réaction ci-dessous), nommée à ce poste en 2006 pour six ans, a déclaré mardi soir avoir découvert "avec stupeur" que deux projets de loi présentés la semaine dernière en Conseil des ministres détaillaient le fonctionnement de cette future autorité, créée par la réforme constitutionnelle de 2008.

Ses attributions incluront celles aujourd'hui exercées par le Défenseur des enfants (un poste occupé jusqu'à présent par des femmes, ndlr), le Médiateur de la République et la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), chargée depuis 2000 de veiller au respect de la déontologie par les forces de sécurité (policiers, gendarmes, surveillants de prison).

Une fusion de trois autorités administratives indépendantes comparée par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) à une "punition" pour deux d'entres elles.

"Sans doute l'actuelle Défenseure des enfants a-t-elle déplu en prenant au sérieux la défense des enfants et de leurs droits, comme la Commission nationale de déontologie des forces de sécurité avait eu le tort de reconnaître l'existence de violences policières, ce qui lui avait valu naguère une tentative d'étranglement budgétaire", a fait valoir la LDH, dénonçant une "inacceptable régression de l'Etat de droit".

De nombreux syndicats et associations ont souligné le travail accompli par la Défenseure des enfants depuis la création du poste en 2000, sous le gouvernement de Lionel Jospin.

"Elle a été amenée maintes et maintes fois à interpeller les préfets ou les ministres sur des situations individuelles de mineurs isolés, d'enfants internés en zone d'attente, placés en rétention et menacés d'expulsion, ou privés d'un de leurs parents, voire parfois des deux", a rappelé le Réseau éducation sans frontières (RESF).

Mesure "dangereuse", "recul", "atteinte aux droits des enfants" : les députés PCF ainsi que les syndicats d'enseignants SNUipp-FSU et Unsa-Education ont abondé dans le sens de Dominique Versini, qui a averti du risque que les problèmes spécifiques aux enfants soient désormais dilués dans la vaste thématique de la protection des libertés.

L'Unicef France, fonds de protection de l'enfance de l'Onu, s'est dit "scandalisé" par le projet du gouvernement, d'autant qu'il "s'ajoute à la décision de la France de réduire sa contribution annuelle volontaire à l'Unicef international de 25%" en plein contexte de crise.


Comme Mme Versini, le secrétaire général de la CNDS, Benoît Narbey, a regretté l'absence de concertation avec les autorités amenées à disparaître.

La tonalité était très différente chez le Médiateur de la République. Jean-Paul Delevoye, réputé proche de Jacques Chirac, Médiateur depuis 2004, a assuré que le futur Défenseur des droits aurait "plus de pouvoirs" que les autorités existantes, notamment "un pouvoir d'injonction" lorsque seront constatés des manquements de l'Administration.

"On rapproche ces autorités pour qu'elles soient plus performantes. Il faut défendre les causes plus que les structures", a-t-il déclaré à l'AFP.

"C'est une véritable révolution en matière de protection des libertés", avait affirmé le 9 septembre Luc Chatel, porte-parole du gouvernement.

Ci-dessous l'avis de Dominique Versini

Communiqué de DEI-France :

En réponse aux observations sévères du Comité des Nations Unies concernant les manquements de la France à ses engagements d’Etat partie à la Convention relative aux droits de l’enfant, le gouvernement lui adresse un inimaginable pied de nez en orchestrant une régression sans précédent : la suppression de l’institution indépendante du Défenseur des enfants ainsi que celle de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) [1].

Visant officiellement à la cohérence des actions des différentes Autorités Administratives Indépendantes dans le domaine de la protection des droits fondamentaux, leur prétendu « regroupement » dans la nouvelle entité unique du « Défenseur des droits », telle que définie par le projet de loi, porte en fait largement atteinte aux missions actuelles, à l’indépendance et à la spécificité du Défenseur des enfants et de la CNDS.

Ce projet de loi manifeste, au mieux une ignorance totale de ce que sont les droits de l’enfant, au pire une volonté de réduire au silence deux institutions qui ont usé ces derniers temps de leur indépendance pour faire valoir les droits des enfants[2].

DEI-France

¨ soutient la Défenseure des enfants dans son rejet du texte déposé au Sénat

¨ appelle tous les citoyens, les associations, les mouvements politiques et les enfants à protester contre ce projet de loi élaboré sans aucune concertation

¨ demande le maintien, et même le renforcement comme le préconise le Comité des droits de l’enfant dans ses recommandations à la France [3], des missions et des moyens du Défenseur des enfants, ainsi que ceux de la CNDS.

Une fois de plus, le gouvernement aura manqué au respect de la Convention relative aux droits de l’enfant en n’étudiant pas l’impact sur les enfants de ce nouveau projet de loi. DEI-France s’est livré à cet exercice. Le résultat est sans appel : des droits apparemment réduits aux seuls droits reconnus par le droit interne, le déni de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant et du statut spécifique qu’elle reconnaît à l’enfant, la confusion des droits de l’enfant avec la seule protection de l’enfance, la disparition de missions aussi essentielles que la promotion et la formation sur les droits de l’enfant [4].

Le gouvernement aurait-il décidé de mettre à exécution le sombre pressentiment d’un expert du Comité lors de l’audition de la délégation française le 26 mai dernier : à ce rythme, dans 20 ans, plus personne en France ne connaîtra les droits de l’enfant ?

Au moment où la société, avec le projet de code pénal des mineurs, exige des enfants qu’ils respectent leurs obligations de plus en plus tôt, ce projet tend à leur nier le respect par la société de leurs droits. C’est marcher à contresens car c’est bien du respect plein et entier de tous leurs droits que découlera celui par les enfants de leurs « devoirs ».

Question écrite de Odette TERRADE, Sénatrice du Val-de-Marne :

Madame Odette TERRADE, Sénatrice du Val-de-Marne attire l'attention de Madame la Secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la solidarité sur le maintien de la mission de promotion et de défense des droits de l'enfant. Affirmée dans l'article 5 de la loi du 6 mars 2000, cette mission est confiée à une autorité indépendante dirigée par un Défenseur des enfants. Alors que l'on s'apprête à fêter les 20 ans de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, un projet de loi proposerait d'associer cette mission à un nouveau "Défenseur des Droits", institué par la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008.

Cette nouvelle entité aurait pour but, selon le projet, de "renforcer et de donner plus de cohérence et de lisibilité à la protection des droits et des libertés des citoyens en le dotant de pouvoirs renforcés". Ce futur "Défenseur des Droits" serait assisté d'un collège de trois personnalités qualifiées pour l'examen des réclamations.

Cependant, l'hypothèse de fusionner l'ensemble des autorités chargées de veiller au respect des droits et des libertés, remet en cause la particularité et les compétences du défenseur des Enfants qui intervient "sur des situations individuelles non seulement sur le terrain du droit mais aussi dans l'intérêt de l'enfant".

Cette institution unanimement reconnue, a déjà traité les réclamations de près de 20 000 enfants.

Au délà du Droit, ses interventions portent sur des situations qui, sans être formellement interdites, peuvent être contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant au sens de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant. de plus, depuis 3 ans, cette Autorité, forte de ses 60 correspondants territoriaux qui la représentent sur toute le territoire, a développé son action par la création de 32 "jeunes ambassadeurs" faisant leur service civil volontaire auprès de son institution et ayant sensibilisé sur les droits de l'enfant plus de 50 000 enfants en trois ans dans 12 départements.

C'est pourquoi, au moment où dans son rapport du 22 juin 2009, le Comité des Droits de l'enfant des Nations Unies demande "de continuer à renforcer le rôle du défenseur des enfants", la modification du périmètre des missions de cette autorité indépendante, serait un mauvais signe donné à tous ceux qui œuvrent sans compter pour la Défense des Droits de l'Enfant, dans notre pays et dans le monde.

Aussi, tout en rappelant la nécessaire garantie de respecter les  Droits fondamentaux des enfants et le caractère public de cette mission, elle lui demande quelles mesures elle entend prendre afin que le Défenseur des Enfants conserve ses compétences, sa spécificité propre qui lui assurent sa visibilité auprès des enfants et des familles.

Retour au sommaireParis le 16 septembre 2009.
 

Télécharger l'étude d'impact de DEI-France


Enfance en danger :
vive polémique entre l’ONED et les professionnels de terrain


L’Observatoire national de l’enfance en danger (Oned) fait face à une fronde des travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés et médecins de protection maternelle et infantile. La pomme de discorde concerne les fiches que les départements vont devoir remplir et lui transmettre «à l’occasion d’une information préoccupante concernant un enfant», dans le cadre du décret du 19 décembre 2008, en application de la loi du 5 mars 2007.

L’Association nationale des assistants sociaux (Anas) et l’Organisation nationale des éducateurs spécialisés (Ones) ont dénoncé respectivement les 16 et 20 avril la lourdeur de la procédure (huit fiches techniques totalisant plus de 100 questions) et diverses «dérives» : utilisation récurrente de la notion de «suspicion», non information des personnes concernées... L’Anas demande que les professionnels soient associés «à la construction du dispositif, comme ils l’ont été lors de l’élaboration de la loi».

Le Syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile (SNMPMI) a réclamé, le 22 avril, «une large concertation» pour redéfinir la notion d’information préoccupante. Il demande que la procédure de recueil des données soit soumise à une autorisation préalable de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil).
L’Anas a pour sa part décidé de saisir cette instance dès maintenant, ainsi que la commission éthique du Conseil supérieur du travail social (CSTS).

Secret professionnel
L’Ones souligne par ailleurs que la révélation de ce type d’information enfreint le secret professionnel. Un point que relèvent également les médecins de PMI : «la déontologie professionnelle serait profondément remise en cause par l’utilisation de ces fiches», déclare leur syndicat national, qui explique que le travailleur social serait amené à cocher des cases révélant, voire portant un diagnostic médical.
Autrement dit, précise le SNMPMI, «cela soumettrait le professionnel au risque d’une double faute, celle de porter atteinte au secret professionnel, et celle d’outrepasser ces compétences.» Et de dénoncer à son tour un esprit de «suspicion» dans les questions et l’absence de référence au contexte pour éclairer les réponses.

Nécessaire vision globale
«Près de 1.000 professionnels et de nombreuses institutions ont été consultés ou informés», se défend l’Oned dans un communiqué publié le 17 avril, et «cette consultation se poursuit tout au long de la mise en œuvre du décret».
Il fait notamment valoir que les données transmises sont «soumises à une double anonymisation rigoureuse», telle qu’elle se pratique en médecine et que les départements font une déclaration auprès de la Cnil.
L’observatoire réfute par ailleurs l’argument éthique, soulignant que le décret respecte «le droit des parents et des libertés individuelles, les codes de déontologie des professionnels concernés, et encourage une position éthique de chaque acteur.»

Par ailleurs, l’Oned observe que le recueil d’informations par les professionnels se pratique depuis longtemps : «la nouveauté réside uniquement dans le recueil systématique et homogène de ces données.»
Enfin, il rappelle l’intérêt de cette collecte, qui «pallie un manque de vision globale en protection de l’enfance», la France étant «un des rares pays européens à ne pas disposer d’informations fiables sur les caractéristiques des enfants concernés ni sur les interventions dont ils bénéficient.» Un point, au moins, qui semble faire consensus. (source La Gazette des communes)Retour au sommaire


Un enfant de 8 ans convoqué par la Gendarmerie !

La colère et l'incompréhension à l'école des Croizettes à Courdimanche, dans le Val d'Oise. Un enfant de 8 ans a été convoqué et auditionné ce samedi 30 mai à la gendarmerie pour s'être bagarré pendant la récréation. Une bagarre qui remonte à 2 mois et lors de laquelle l'un des deux enfants a reçu un coup plus violent que les autres. Sa mère a alors porté plainte contre l'autre enfant. Si aujourd'hui les deux enfants sont réconciliés, les parents, eux, ne se sont pas rencontrés.

« L'attitude de la maman un peu exagérée »

Encore choqué par cette histoire et les proportions qu'elle a prise, Eric, le père du petit convoqué à la gendarmerie, raconte : « Un soir à la sortie de l'école, la maman est venue me voir en me disant : vous direz à votre fils d'arrêter de donner des coups de pieds à mon fils. Je lui ai dit : si vous estimez que mon fils donne des coups de pieds au vôtre, parlez-en à la maîtresse et au directeur, et réunissons-nous pour en discuter. Depuis, plus de nouvelles. Et vendredi dernier, la gendarmerie tape à ma porte, avec une convocation pour mon gamin de 8 ans qui se serait battu à l'école. Choqués, on se rend à la gendarmerie avec ma femme, qui est enseignante. Notre fils est auditionné seul pendant 20 minutes par un gendarme. Pour une histoire dont on n'a même pas eu écho de la part de la maîtresse, ni du directeur. Donc on est surpris, parce que notre gamin est sérieux, il est pratiquement premier de sa classe. Et il va souvent aux anniversaires de cet enfant ; ils se connaissent bien ; ils rigolent ensemble. Donc on a trouvé l'attitude de la maman un peu exagérée. Si tout le monde se met à aller à la gendarmerie à chaque fois qu'un gamin reçoit un coup de pied, la gendarmerie n'a pas fini d'avoir du boulot ! »

« Une procédure normale », assure la gendarmerie. Mais les associations de parents d'élèves sont aussi choquées par cette plainte de la maman pour une banale bagarre de cour de récré. Le directeur de l'école est du même avis. Jamais les enseignants n'auraient imaginé que cette histoire prendrait une telle ampleur. La maire de Courdimanche, elle, regrette de n'avoir jamais été contactée à ce sujet. Elle aurait cherché, dit-elle, un autre moyen de régler cette affaire.

« Que le ministère arrête de faire monter l'angoisse des parents ! »

Christiane Alain, secrétaire générale de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE), n'est pas étonnée que cette affaire prenne une telle ampleur dans le contexte actuel : « nous entendons des discours très forts sur le thème "les enfants sont dangereux, ont des armes, peuvent être fichés, fouillés...". Ces discours officiels, qui émanent du ministère de l'Education nationale, créent de l'inquiétude chez les parents. Mais des bagarres dans la cour de récréation, ça ne date pas d'aujourd'hui ! Et ça ne va pas s'arrêter. Alors, qu'on arrête de faire monter l'angoisse des parents sur les comportements violents ou pseudo-violents de leurs enfants à l'école. » (source RMC)


2,4 millions d'enfants pauvres en France

Selon un récent rapport de l'INSEE (Institut National de la Statistique) la France comptait en 2006, 8 millions de pauvres.
Les inégalités de niveaux de vie se creusent, la pauvreté s'accroît. Ce double constat s'impose à la lecture de la dernière enquête de l'INSEE sur les revenus et le patrimoine des ménages. 8 millions de français, soit 13,2 % de la population, ont un revenu inférieur à 880 euros par mois. La pauvreté touche d'abord les chômeurs (plus d'un tiers). Elle atteint presque 10% chez les retraités (1,2 millions de personnes). L'INSEE indique que les enfants vivants dans un ménage pauvre sont deux fois plus nombreux, soit 2,4 millions (30 % de la population totale en état de pauvreté). Enfin, les familles monoparentales sont les plus sévèrement frappées puisqu'elles représentent 30,3 % soit  1,6 millions de personnes.
Portant sur l'année 2006, cette enquête ne prend donc pas en compte le choc entraîné par la crise économique et financière qui a éclatée depuis, et a, vraisemblablement aggravé les tendances.
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Jean-Charles Champagnat

(source INSEE)


Enlèvement d'Elise :
quand l'intérêt de l'enfant est ignoré

Élise, la fillette franco-russe enlevée par sa mère le 20 mars à Arles et retrouvée ce week-end en Hongrie , est revenue en France en compagnie de son père. Jean-Michel André avait récupéré sa fille lundi, dans un foyer où elle avait été placée après l'arrestation de sa mère à la frontière entre la Hongrie et l'Ukraine.
Le couple, en instance de divorce, se déchire depuis des mois pour la garde d'Élise, et chaque pays juge que son ressortissant est dans le bon droit. Les deux parents ont obtenu, chacun dans leur pays respectif, la garde de l'enfant et sont poursuivis, pour la mère en France, et pour le père en Russie.

Depuis son retour en France, le père d’Elise s’est livré à un véritable marathon médiatique. Il a volontiers répondu aux questions des journalistes pour les journaux télévisés du « 20 heures ». Il a multiplié les interviews. Durant cette tournée télé, la fillette franco-russe n’a pas quitté les bras de son père. Fatiguée, elle s’est même endormie. Cette médiatisation a outrance est véritablement choquante car à aucun moment ni les journalistes ni le père ne se sont posés la question de la protection de l'enfant. Après avoir été victime du déchirement de ses parents, la petite Elise ne devrait-elle pas être enfin à l’abri des regards ?

Une illustration supplémentaire du peu de responsabilité des parents : Elise c'est l'enfant revendiqué, l'enfant tiraillé, l'enfant utilisé, l'enfant objet. Cette situation risque de laisser des traces indélébiles pour sa vie future.
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Jean-Charles Champagnat


Grave remise en cause de
l'ordonnance de 1945


On désigne sous le terme Ordonnance de 1945 une des ordonnances de 1945 en France, signée le 2 février sur l'enfance délinquante. Elle crée les tribunaux pour enfants et le juge des enfants[réf. nécessaire] et définit clairement la primauté de l’éducatif sur le répressif. Ce texte a été revu de nombreuses fois depuis les années 1980.

Création d'un tribunal correctionnel pour mineurs, fixation à 12 ans de l'âge de la responsabilité pénale... voici les principales recommandations de la commission Varinard sur la refondation de l'ordonnance de 1945.

La prison à partir de 12 ans ?
Il n’existe pas, en France, d’âge minimum de responsabilité pénale. Le juge doit apprécier si le jeune mis en cause est capable de discernement, et donc accessible à une sanction. En dessous de 13 ans, cependant, cette sanction ne peut être qu’une mesure éducative. Le mineur ne peut pas être incarcéré. La commission présidée par le juriste André Varinard propose que la loi fixe désormais l’âge minimum de responsabilité pénale à 12 ans. La prison sera dès lors possible, mais seulement en matière criminelle. Les experts proposent aussi un seuil pour permettre l’emprisonnement pour des délits : ce serait 14 ans.

Quant aux moins de 12 ans, le rapport ne souhaite pas qu’ils soient totalement exclus du champ de la justice. Il prévoit qu’ils puissent être retenus par la police «pour une durée de six heures renouvelable une fois».

Juger les plus de 16 ans comme des majeurs ?
La loi Dati d’août 2007 permettait déjà de supprimer l’excuse de minorité pour certains mineurs «récidivistes» et de leur appliquer les mêmes peines que les majeurs. La commission Varinard veut aller plus loin, avec la création d’un tribunal correctionnel spécial qui pourrait permettre de généraliser ce durcissement. Il serait réservé aux plus de 16 ans récidivistes ou «devenus majeurs au moment de leur jugement» et pourrait être présidé par un juge correctionnel, et non plus un juge pour enfants.

La fin de la primauté de l’éducatif ?
Les experts, d’ailleurs, ne veulent plus de cette appellation d’«enfants». Il serait plus adéquat, pensent-ils, de parler de «juge des mineurs» et de «tribunal pour mineurs». Qui serait présidé par un juge unique, en supprimant les deux assesseurs issus de la société civile, pour les délits dont la peine est inférieure à cinq ans. Ils souhaitent aussi que soit supprimé le préambule de l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs, qui affirme le primat de l’éducatif sur le répressif. Ce principe pourrait toutefois être réintroduit dans la rédaction d’un nouveau «code de justice des mineurs», qui remplacerait le reste de l’ordonnance. «Ces changements sémantiques ne permettront en rien d’améliorer la prise en charge de la délinquance des mineurs», se désole Christine Lazerges, professeure à Paris-I et spécialiste du sujet. Résumant l’inquiétude de la plupart des observateurs, l’ancienne députée s’alarme également de la proposition d’une «peine d’emprisonnement de fin de semaine», censée permettre aux jeunes de continuer à aller au lycée. «Dans quel état arriveront-ils en cours après un week-end en prison ? Sous prétexte d’afficher des grands principes de fermeté, ce rapport cache des bouleversements dangereux.»

(source Libération)Retour au sommaire


Sortie de "Johnny Mad Dog" au cinéma.

Un pamphlet contre l'utilisation des enfants dans les conflits armés

Le film dépeint avec une précision quasi documentaire l'état d'enfant soldat, entre peur et témérité, l'immense perte de repères et l'apparition de nouveaux modèles, la liberté de tout perpétrer, y compris le viol ou le meurtre, et la soumission totale aux ordres des adultes...

Johnny Mad Dog (Christopher Minie), quinze ans, enfant soldat aux allures de rappeur, armé jusqu'aux dents, est habité par le chien méchant qu'il veut devenir. Avec son petit commando, No Good Advice, Small Devil et Young Major, d'autres gosses affublés de déguisements étranges et de sobriquets surréalistes, il vole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Des adolescents abreuvés d'imageries hollywoodiennes, d'information travestie, qui jouent à la guerre...

Ailleurs, Laokolé (Daisy Victoria Vandy), treize ans, pousse son père infirme dans une brouette branlante. Elle s'efforce de fuir la ville livrée aux milices d'enfants soldats, de sauver son père et son petit frère Fofo, huit ans. De toutes ses forces, elle tente de rattraper cet avenir radieux que lui promettait sa brillante scolarité.

Tandis que Johnny avance, Laokolé fuit.. Des enfances abrégées, une Afrique ravagée par des guerres absurdes, un peuple qui tente malgré tout de survivre et de sauvegarder sa part d'humanité...

Produit par Mathieu Kassovitz, tourné au Liberia avec le soutien de la présidente Ellen Johnson-Sirleaf, "Johnny Mad Dog" est entièrement joué par d'anciens enfants soldats, membres des milices de Charles Taylor ou du LURD (Liberians United for Reconciliation and Democracy). D'autres acteurs sont des enfants des rues trouvés dans les ghettos de la capitale Monrovia. Au cours du tournage, tous ont joué leur propre vécu, grâce à un travail ardu de formation d'acteur. Pendant plus d'un an, Jean-Stéphane Sauvaire s'est attaché à travailler avec ces enfants analphabètes et souvent déstructurés, à réécrire les scènes en fonction de leurs souvenirs et de leurs improvisations. Un défi pour le cinéaste, une thérapie pour ses acteurs.

Embrigadement, drogues, chants, mécanismes de survie: plongés dans la folie de la guerre transformée en jeu, ces anciens enfants soldats ont recréé leur passé. "Ils tuent pour ne pas se faire tuer, manipulés par leurs supérieurs et pris dans cette folie conditionnée par des rites très précis: les costumes, les surnoms, le groupe, les drogues, tout concourt à ne jamais être soi-même, simplement une machine à tuer".

Ex-assistant réalisateur (auprès de Cyril Collard, Karim Dridi, Gaspar Noé, Laetitia Masson), Jean-Stéphane Sauvaire avait déjà réalisé en 2003 "Carlitos Medellin", un documentaire sur un enfant des rues colombien, prix du meilleur film pour les droits de l'Homme en 2004. Avec "Johnny Mad Dog", il nous offre cette fois une magnifique fiction coup de poing: belle et brutale, d'une violence folle et pourtant porteuse d'espoir. Indispensable. (source AP).Retour au sommaire

Voir la page consacrée aux enfants soldats


Les 19 ans de la Convention internationale des droits de l'enfant

Les droits de l'enfant sont exprimés dans la "Convention internationale relative aux droits de l'enfant" (CIDE). Préparée pendant 10 ans avec des représentants de différentes sociétés, religions et cultures, elle a été adoptée le 20 novembre 1989 et constitue un instrument international majeur en matière de droits de l'enfant.

La Convention relative aux droits de l'enfant a été ratifiée par 192 États depuis que l'Assemblée générale des Nations unies l'a adoptée à l'unanimité en novembre 1989. C’est le traité international le plus ratifié au monde : Deux pays seulement - les États-Unis d'Amérique et la Somalie - ne l'ont toujours pas adoptée.

En ratifiant la Convention, les États s'engagent à respecter un code d'obligations contraignantes envers leurs enfants. Grâce à la Convention, les droits de l'enfant sont aujourd'hui le fer de lance de la lutte en faveur des droits de l'homme; la société des adultes se doit de les garantir en tant qu'obligation légale, impératif moral et priorité du développement.

C’est la première fois qu’un traité de défense des droits de l'homme associe à son application une institution spécialisée des Nations unies.

Les droits de l’enfant en France
La France est le deuxième pays à avoir ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant. Ce traité international est entré en vigueur dans notre pays le 2 septembre 1990. La France n'est cependant pas à l'abri de tous les maux qui peuvent toucher les enfants dans les pays industrialisés : pauvreté, précarité, maltraitance. Parfois, l'accès aux services de base leur est même refusé.
La promotion et le respect des Droits de l'Enfant ne doit pas rester un simple idéal, mais doit devenir une réalité au quotidien, que soient enfin reconnus les droits essentiels de l'enfant : droit à la protection, droit à la santé, droit au développement harmonieux, droit à la culture, droit à l'éducation.

Enfants en France :
Un million d'enfants pauvres
19.000 enfants maltraités
76.000 sont en danger dans un contexte familial dégradé et qui menace leur développement éducatif et/ou matériel
quelque 240.000 enfants placés ou pris en charge
85 000 sont touchés par le saturnisme
record des suicides des 15-24 ans.
150 000 filles et garçons quittent chaque année le système scolaire sans aucune perspective
15 000 ne suivent pas leurs cours alors qu'ils sont inscrits au collège ou au lycée et qu'ils n'ont pas encore 16 ans.
15 % des enfants qui arrivent au collège ne comprennent pas ce qu'ils lisent

Même si la France traite globalement bien ses 15 millions de moins de 18 ans, elle "peut mieux faire", résumait récemment le Conseil français des associations pour les droits de l'enfant (Cofrade).

Le 14 décembre, l'Unicef sortira son rapport annuel intitulé "Enfants exclus, enfants invisibles", sur les enfants qui ne sont pas enregistrés à l'Etat civil ou les enfants de la rue. Fin 2004, le même rapport indiquait que plus d'un milliard d'enfants sur Terre, soit plus de la moitié au monde, "souffrent de privations extrêmes liées à la pauvreté, à la guerre et au sida. Retour au sommaire
 


Décès de Sœur Emmanuelle
Ange gardien des chiffonniers du Caire


Sœur Emmanuelle, décédée, hier, à la veille de ses 100 ans, restera avant tout l'ange gardien des chiffonniers cairotes, les parias de l'immondice. Deux décennies au service des "zabaleens", les chiffonniers du Caire, et soixante années de vie religieuse.

En 1971, à l'heure de la retraite, elle aurait pu se retirer dans un couvent, après avoir enseigné le français et la philosophie à des générations de jeunes filles de la bonne société du Caire. Non. Elle souhaitait vivre auprès des lépreux. Ce n'est pas possible, alors elle se tourne vers les parias qui hantent les faubourgs de la ville.

«Yalla», a dit sœur Emmanuelle. « En avant », dans les fumerolles des immondices, les odeurs nauséabondes à vous révulser le cœur. Elle ne les sent pas, tant elle a partagé la vie de son petit peuple. Elle y vit dans un maigre cabanon de planches et de tôles, un gourbi à la fois infâme et merveilleux. « Le premier soir, j'ai rendu visite à mes voisins. Nous avons partagé le thé. Quel souvenir ! Ils m'ont accueillie à bras ouverts. Dans mon bidonville, jamais je n'ai eu peur. »

On lui parle des rats, des maladies, des puces. De sa voix maigrelette et flûtée, sœur Emmanuelle ricane devant tant d'appréhensions. « Les puces m'embêtent beaucoup moins maintenant. Il n'y a presque plus rien à manger sur une octogénaire ! » On croise dans le dédale d'ordures et de cabanons, des enfants pieds nus tirant des charrettes de détritus, un bébé aux yeux couverts de mouches, une femme aux mains calleuses aussi noires que ses vêtements. Elle trie des déchets, et, face à la « grande sœur », le regard s'éclaire, sourires et embrassades. Magique sœur Emmanuelle.

Auprès des zabalins, méprisés, traités de voleurs et d'assassins, elle a accompli des miracles. À l'époque, en 1991, après vingt ans de combat, elle a réussi à scolariser la moitié des enfants. La bataille de l'école est en passe d'être gagnée. Les chiffonniers acceptent de faire instruire leurs enfants. Résultat extraordinaire, non ? « Extraordinaire peut-être, mais insuffisant », répond-elle. Elle est préoccupée par la situation des femmes. « La femme pour un chiffonnier est un être secondaire, une esclave battue. » « Et moi, leur demandait-elle, pourquoi me respectez-vous, ne suis-je pas une femme ? » Non, « toi ce n'est pas pareil. »

Elle est leur madone, mais veille à ne pas heurter leurs convictions religieuses. Les chiffonniers cairotes se partagent entre musulmans et chrétiens coptes. Les seconds élèvent des cochons avec les épluchures. Sur son cabanon, et sous le mot « amour », elle a accroché une croix et un croissant. Quand il le faut, elle sait surpasser les consignes de l'Église. Chez les zabalins, les petites filles sont mariées très tôt, pour la dot. Dès l'âge de 10-12 ans. Avec tous les risques qui s'ensuivent. Elles sont enceintes trop tôt. La mortalité maternelle et infantile est effrayante. Elle autorise donc les médecins de son dispensaire à distribuer la pilule.

Dans l'un de ses derniers livres, elle a raconté comment elle s'en est ouverte à l'époque au pape Jean-Paul II. Qui ne lui a pas répondu. « En ne me condamnant pas, en fait, il m'a approuvée. » Dans le cœur de sœur Emmanuelle ne coulait pas d'eau bénite. Elle bouillonnait intérieurement. « Je peux être soupe-au-lait », disait-elle. Pète-sec également. Au Caire, elle fut une femme d'action redoutable qui ne lâchait jamais les grands de ce monde quand ils passaient à portée de main. Elle tutoyait tout le monde. Face à ses yeux bleus perçants, tous répondaient à ses sollicitations. Car il lui fallait de l'argent pour sauver ses parias. Elle était prête à courir le monde et les plateaux télé pour y arriver. Elle appréciait d'être appréciée et rien ne lui résistait, sauf sa congrégation.

En 1993, après avoir refusé à trois reprises d'abandonner ses chiffonniers, l'âme en peine, elle se résout à rentrer en France. Elle se retire dans le Var dans une maison de retraite pour religieuses. Mais l'action lui manque. Elle découvre la détresse morale et spirituelle de notre société, et de nouveaux parias, les SDF. Ils furent sa nouvelle raison de vivre, de prier et de déployer sa formidable énergie.Retour au sommaire

Voir la page consacrée aux "Zabaleens" du Caire

(source : Ouest-France)


17 octobre 2008
Journée mondiale du refus
de la misère

Le 17 octobre 1987, à l'appel du Père Joseph Wresinski, 100 000 défenseurs des Droits de l'Homme se sont rassemblés sur le Parvis du Trocadéro, à Paris, pour rendre honneur aux victimes de la faim, de la violence et de l'ignorance, pour dire leur refus de la misère et appeler l'humanité à s'unir pour faire respecter les Droits de l'Homme. Une Dalle, proclamant ce message, a été inaugurée à cette occasion sur le Parvis des Libertés et des Droits de l'Homme, là où fut signée, en 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. On peut y lire l'appel du père Joseph :

"Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré."

Depuis cette date, le 17 octobre de chaque année, les plus pauvres et tous ceux qui refusent la misère et l'exclusion se rassemblent dans le monde entier afin de témoigner de leur solidarité et de leur engagement pour que la dignité et la liberté de tous soient respectées : ainsi est née la Journée Mondiale du Refus de la Misère.

Le 17 octobre 1992, Monsieur Javier Perez de Cuellar, ancien Secrétaire général de l'ONU, au nom d'un groupe de personnalités internationales rassemblées dans le Comité pour la Journée Mondiale du Refus de la Misère, lance un appel pour la reconnaissance du 17 octobre. Le 22 décembre 1992, le 17 octobre est proclamé Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté par l'Assemblée générale des Nations Unies. Depuis, les initiatives pour célébrer cette journée n'ont cessé de se multiplier. Dans de nombreux lieux, des rassemblements se tiennent également le 17 de chaque mois.


Création du Comité international 17 octobre

A l’occasion du 17 octobre 2008, M Cassam Uteem, ancien Président de la République de Maurice (1992-2002) et le Mouvement International ATD Quart Monde annoncent la création du Comité International 17 octobre.

Le Comité International 17 octobre a pour objectifs de :
Promouvoir la Journée mondiale du refus de la misère, qui rassemble publiquement, au niveau local, national et international tous ceux qui s’unissent déjà pour un monde sans misère et ceux qui veulent les rejoindre.

Assurer le respect de l’esprit et du sens originel de cette Journée, créée le 17 octobre 1987, autour de l’Appel à s’unir pour un monde sans misère : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. Père Joseph Wresinski ».

Promouvoir des espaces de rencontre, dans la durée, où des personnes de tous milieux puissent se retrouver ensemble autrement, pour lutter contre la misère, violation des Droits de l’Homme et pour la paix.Retour au sommaire

Pour en savoir plus : http://www.oct17.org/fr

 

 

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