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menotteLundi 1er juin 2009
Un enfant de 8 ans convoqué par la Gendarmerie !


La colère et l'incompréhension à l'école des Croizettes à Courdimanche, dans le Val d'Oise. Un enfant de 8 ans a été convoqué et auditionné ce samedi 30 mai à la gendarmerie pour s'être bagarré pendant la récréation. Une bagarre qui remonte à 2 mois et lors de laquelle l'un des deux enfants a reçu un coup plus violent que les autres. Sa mère a alors porté plainte contre l'autre enfant. Si aujourd'hui les deux enfants sont réconciliés, les parents, eux, ne se sont pas rencontrés.

« L'attitude de la maman un peu exagérée »

Encore choqué par cette histoire et les proportions qu'elle a prise, Eric, le père du petit convoqué à la gendarmerie, raconte : « Un soir à la sortie de l'école, la maman est venue me voir en me disant : vous direz à votre fils d'arrêter de donner des coups de pieds à mon fils. Je lui ai dit : si vous estimez que mon fils donne des coups de pieds au vôtre, parlez-en à la maîtresse et au directeur, et réunissons-nous pour en discuter. Depuis, plus de nouvelles. Et vendredi dernier, la gendarmerie tape à ma porte, avec une convocation pour mon gamin de 8 ans qui se serait battu à l'école. Choqués, on se rend à la gendarmerie avec ma femme, qui est enseignante. Notre fils est auditionné seul pendant 20 minutes par un gendarme. Pour une histoire dont on n'a même pas eu écho de la part de la maîtresse, ni du directeur. Donc on est surpris, parce que notre gamin est sérieux, il est pratiquement premier de sa classe. Et il va souvent aux anniversaires de cet enfant ; ils se connaissent bien ; ils rigolent ensemble. Donc on a trouvé l'attitude de la maman un peu exagérée. Si tout le monde se met à aller à la gendarmerie à chaque fois qu'un gamin reçoit un coup de pied, la gendarmerie n'a pas fini d'avoir du boulot ! »

« Une procédure normale », assure la gendarmerie. Mais les associations de parents d'élèves sont aussi choquées par cette plainte de la maman pour une banale bagarre de cour de récré. Le directeur de l'école est du même avis. Jamais les enseignants n'auraient imaginé que cette histoire prendrait une telle ampleur. La maire de Courdimanche, elle, regrette de n'avoir jamais été contactée à ce sujet. Elle aurait cherché, dit-elle, un autre moyen de régler cette affaire.

« Que le ministère arrête de faire monter l'angoisse des parents ! »

Christiane Alain, secrétaire générale de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE), n'est pas étonnée que cette affaire prenne une telle ampleur dans le contexte actuel : « nous entendons des discours très forts sur le thème "les enfants sont dangereux, ont des armes, peuvent être fichés, fouillés...". Ces discours officiels, qui émanent du ministère de l'Education nationale, créent de l'inquiétude chez les parents. Mais des bagarres dans la cour de récréation, ça ne date pas d'aujourd'hui ! Et ça ne va pas s'arrêter. Alors, qu'on arrête de faire monter l'angoisse des parents sur les comportements violents ou pseudo-violents de leurs enfants à l'école. »

(source RMC)
 


Enfance en dangerLundi 1er juin 2009
Enfance en danger :
vive polémique entre l’Oned et les professionnels de terrain


L’Observatoire national de l’enfance en danger (Oned) fait face à une fronde des travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés et médecins de protection maternelle et infantile. La pomme de discorde concerne les fiches que les départements vont devoir remplir et lui transmettre «à l’occasion d’une information préoccupante concernant un enfant», dans le cadre du décret du 19 décembre 2008, en application de la loi du 5 mars 2007.

L’Association nationale des assistants sociaux (Anas) et l’Organisation nationale des éducateurs spécialisés (Ones) ont dénoncé respectivement les 16 et 20 avril la lourdeur de la procédure (huit fiches techniques totalisant plus de 100 questions) et diverses «dérives» : utilisation récurrente de la notion de «suspicion», non information des personnes concernées... L’Anas demande que les professionnels soient associés «à la construction du dispositif, comme ils l’ont été lors de l’élaboration de la loi».

Le Syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile (SNMPMI) a réclamé, le 22 avril, «une large concertation» pour redéfinir la notion d’information préoccupante. Il demande que la procédure de recueil des données soit soumise à une autorisation préalable de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil).
L’Anas a pour sa part décidé de saisir cette instance dès maintenant, ainsi que la commission éthique du Conseil supérieur du travail social (CSTS).

Secret professionnel
L’Ones souligne par ailleurs que la révélation de ce type d’information enfreint le secret professionnel. Un point que relèvent également les médecins de PMI : «la déontologie professionnelle serait profondément remise en cause par l’utilisation de ces fiches», déclare leur syndicat national, qui explique que le travailleur social serait amené à cocher des cases révélant, voire portant un diagnostic médical.
Autrement dit, précise le SNMPMI, «cela soumettrait le professionnel au risque d’une double faute, celle de porter atteinte au secret professionnel, et celle d’outrepasser ces compétences.» Et de dénoncer à son tour un esprit de «suspicion» dans les questions et l’absence de référence au contexte pour éclairer les réponses.

Nécessaire vision globale
«Près de 1.000 professionnels et de nombreuses institutions ont été consultés ou informés», se défend l’Oned dans un communiqué publié le 17 avril, et «cette consultation se poursuit tout au long de la mise en œuvre du décret».
Il fait notamment valoir que les données transmises sont «soumises à une double anonymisation rigoureuse», telle qu’elle se pratique en médecine et que les départements font une déclaration auprès de la Cnil.
L’observatoire réfute par ailleurs l’argument éthique, soulignant que le décret respecte «le droit des parents et des libertés individuelles, les codes de déontologie des professionnels concernés, et encourage une position éthique de chaque acteur.»

Par ailleurs, l’Oned observe que le recueil d’informations par les professionnels se pratique depuis longtemps : «la nouveauté réside uniquement dans le recueil systématique et homogène de ces données.»
Enfin, il rappelle l’intérêt de cette collecte, qui «pallie un manque de vision globale en protection de l’enfance», la France étant «un des rares pays européens à ne pas disposer d’informations fiables sur les caractéristiques des enfants concernés ni sur les interventions dont ils bénéficient.» Un point, au moins, qui semble faire consensus.

(source La Gazette des communes)

 
 

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